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Partout les saints : Sainte Élisabeth

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Publié le

27 mai 2025

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Sans Élisabeth, sans Visitation, pas de passage de témoin symbolique entre peuple élu et alliance universelle, entre Ancien et Nouveau Testament.
© Romée de Saint Céran

On connaît la blague – involontaire – que fit en chaire, il y a bien longtemps, un abbé mondain : « Non seulement Jésus était le Fils de Dieu, mais Il était également d’excellente famille du côté de sa mère. » Ce n’est pas faux. Il se trouve que parmi les parents proches de la Sainte Vierge, on compte notamment sainte Élisabeth, qui était probablement sa cousine germaine. On la présente dans l’Évangile selon saint Luc, au chapitre 1. Femme du prêtre Zacharie, et descendante elle-même d’Aaron, le frère de Moïse, c’est une femme déjà âgée, qui, pour son malheur, est stérile. Selon la tradition de l’Ancien Testament, qui accorde une place très importante à la perpétuation et à la famille, cette stérilité est une forme de malédiction.

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Or, un jour, l’archange Gabriel annonce à Zacharie que sa femme est enceinte. Le vieil homme en devient muet. Peu après, Gabriel se rend à Nazareth, où demeure Marie, et lui annonce qu’elle a été choisie pour enfanter le Sauveur de l’humanité. Joseph, lui, n’en tombe pas frappé de mutisme, mais décide de répudier secrètement sa jeune épouse, qu’il suspecte d’adultère. Gabriel arrondit les angles en lui révélant la vérité, et le plan de Dieu se poursuit : la femme âgée enfantera le dernier prophète du judaïsme, la jeune femme donnera naissance à Celui qui scelle la nouvelle alliance.

Élisabeth est particulièrement connue au travers d’un épisode de la Bible : la Visitation, également racontée par saint Luc (1 ; 39-45). Dans ce passage biblique, Marie, apprenant que sa cousine, âgée et réputée stérile, est enceinte, « car rien n’est impossible à Dieu », lui a dit l’ange, va la voir en toute hâte. À peine est-elle entrée chez Zacharie, à peine a-t-elle salué sa cousine, que le bébé tressaille dans le ventre de sa mère. Élisabeth est bouleversée : « Dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » Dans cette dernière phrase, on s’en doute, c’est autant d’elle-même que de la Vierge que parle Élisabeth.

Sans Élisabeth, sans Visitation, pas de passage de témoin symbolique entre peuple élu et alliance universelle, entre Ancien et Nouveau Testament. Zacharie, prêtre muet, écrit le nom de son fils sur une ardoise et recouvre la parole ; Joseph, charpentier silencieux, prend les bonnes décisions sans jamais parler dans l’Évangile. La transmission de la parole, la vraie, est (n’y voyez pas malice) une affaire de femmes : d’ailleurs, la salutation d’Élisabeth fait partie du « Je Vous salue Marie ».

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La Visitation est le deuxième mystère joyeux de notre chapelet. Son fruit est la charité fraternelle. Et c’est d’ailleurs fraternellement qu’Élisabeth, trait d’union humain, généalogique même, entre la simplicité du quotidien et l’Immaculée Conception, nous ramène à nous-mêmes – qui avons l’impression d’être stériles et de ne porter aucun fruit, jusqu’au moment où nous nous en remettons à Dieu. 

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