Pourvu d’un grand-père ukrainien, Antonin Peretjatko s’est senti suffisamment légitime pour rallier Kiev par la route et observer la périphérie des combats. Seulement voilà, le super 8 et la voix-off avec écho genre « Ici Londres » mignardisent ce qui ne devrait pas l’être : l’exil, la mort, le malheur. Voyage au bord de la guerre transpose en documentaire le cinéma bébête (La Fille du 14 juillet), dont notre auteur rigolo s’est fait le héraut. Le changement de registre ne lui va pas au teint et le résultat est au mieux inconséquent, au pire obscène.
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À l’écran défilent plans de route, bribes et vagues témoignages généralement parcellaires. Le road movie n’accroche à rien. Un seul récit, celui d’un rescapé du théâtre incendié de Marioupol, est usé jusqu’à la corde et apparaît dans deux segments du film, pourtant à peine un long-métrage. On n’ose imaginer la qualité des rushs au vu de ce qui nous est présenté. Pour paraphraser Marguerite Duras, « Tu n’as rien vu à Odessa, rien ! ».
VOYAGE AU BORD DE LA GUERRE (1 h 02), d’Antonin Peretjatko, en salles le 18 juin.





