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« Reflet dans un diamant mort » : bijou pop

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Publié le

25 juin 2025

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« Autant de délires pop et cinétiques ne conviendront certes pas à tout le monde, mais ceux qui goûtent le pop dans une acception supérieure passeront, c’est sûr, un sacré moment. » Critique du film « Reflet dans un diamant mort » d’Hélène Cattet et Bruno Forzani.
© Reflet dans un diamant noir

On pourrait entamer cette chronique en tentant d’énumérer les références qu’on trouve dès le titre et tout au long de Reflet dans un diamant mort, mais on n’aurait pas assez d’une double page et, en affinant, peut-être que le numéro entier y passerait, ce qui on le conçoit, est impossible. Découverts en 2009 avec Amer (qui eut l’honneur informel d’être choisi par Quentin Tarantino dans sa liste des dix films de l’année), Hélène Cattet et Bruno Forzani pratiquent un cinéma fractal qui déconstruit littéralement les genres en les réduisant en autant d’innombrables facettes raboutées les unes aux autres. Prenons le motif de la femme masquée en justaucorps noir, omniprésent dans leur dernier film. Il remonte à la Musidora de Feuillade et se décline chez Georges Franju (Judex), Hitchcock (La Main au collet), Tim Burton (Batman, défi) et pour être un peu fluide, chez le mâle Diabolik de Mario Bava, l’une des influences majeures du couple (l’héroïne masquée poursuivie par l’agent secret se nomme Serpentik). Un reste de pudeur nous fait omettre l’éboueur gay kidnappeur de motard (O Fantasma de Pedro Costa). Toutes ces références sont présentes dans la femme en noir de Cattet/Forzani. Leurs images les activent comme un dispositif pavlovien pour cinéphile. Et on ne parle là que d’un motif, alors que le film en contient des dizaines. Cette accumulation détermine la forme explosante/fixe de ce cinéma frénétique et fascinant.

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L’histoire n’a pratiquement aucun intérêt, même si est tentée ici une collision improbable entre un univers à la James Bond et Mort à Venise, selon l’aveu même des auteurs. L’attention est explicitement marquée sur le rythme et les rimes, les strates de temps s’enchaînant sans qu’on puisse distinguer les transitions et les retours en arrière (du moins pendant la première moitié du film). La toile de fond sur laquelle compose Cattet et Forzani est la peau, lacérée par un couteau ou recouverte d’une couche mortelle de pétrole empoisonné. Elle peut briller de mille feux comme cette robe Courrèges dissimulant une arme secrète. Pressée par le temps, elle perd sa souplesse et Fabio Testi (qu’on revoit avec un immense plaisir) s’intercale selon les fragments avec le plus ingambe Yannick Rénier. Cette couche temporelle surprend, car elle confère un soupçon d’épaisseur à ce cinéma abstrait et à sa jouissance essuie-glaces (orgie d’inserts et de raccords). Autant de délires pop et cinétiques ne conviendront certes pas à tout le monde, mais ceux qui goûtent le pop dans une acception supérieure passeront, c’est sûr, un sacré moment.


REFLET DANS UN DIAMANT MORT (1 h 27), d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, avec Fabio Testi, Yannick Rénier, Maria de Medeiros, en salles le 25 juin.

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