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Partout les saints : saint Léon le Grand

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Publié le

1 juillet 2025

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Diplomate amoureux de la paix, capable de contenir les barbares qui veulent saccager l’Occident, aussi doux que solide, inaccessible aux gloires mondaines, effaçant sa petite personne derrière la grandeur de sa tâche : nous aurions bien besoin d’un nouveau saint Léon le Grand.
© Romée de Saint Céran

Ça y est, nous avons un pape. Ce « nous », d’ailleurs, ne s’adresse pas uniquement aux catholiques qui lisent ces lignes. Soyons un peu œcuméniques, ou plutôt universels, mot qui, en grec ancien, se dit « katholikos », et ce n’est pas de notre faute. Il y a un pape depuis une poignée de semaines, c’est un Américain et il a choisi le nom de Léon XIV. Aucun nom de pape n’est choisi au hasard. Les esprits les plus affûtés des plateaux de télévision ont immédiatement fait allusion à l’encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII et se sont donc immédiatement félicités de la présumée fibre sociale du nouveau souverain pontife. C’est un peu court, puisque Léon XIII composa également la prière à saint Michel, dans une version plus longue que celle que l’on connaît, et qui fait allusion à la subversion du trône de Pierre et aux « mains impies » qui se posent sur ce que l’Église a de « plus sacré ». Pour fermer cette parenthèse, la récitation de la prière à saint Michel, demandée à la fin de chaque messe par Léon XIII, a été interdite après Vatican II. Passons.

Le choix de « Léon » n’est certes pas anodin. Il fait notamment référence au premier pape portant ce nom, Léon Ier, dit « le Grand », qui régna sur l’Église au Ve siècle de notre ère. Né en 391 à Rome, il est archidiacre de la Ville éternelle en 440, lorsque meurt Sixte III, dont il était l’un des proches conseillers. Alors en mission diplomatique, il est cependant élu alors qu’il est absent, tant sa puissance intellectuelle, ses connaissances théologiques, son humilité et sa finesse sont réputées.

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La vie de Léon n’est guère connue : il semble qu’il se soit totalement effacé derrière sa fonction, dont il avait une très haute idée. S’effacer derrière la succession de saint Pierre ne l’a pas empêché de faire vigoureusement entendre sa voix, notamment dans les querelles théologiques de l’époque sur la nature du Christ (vrai homme et vrai Dieu, comme nous le savons désormais), ou pour faire rentrer les évêques hérétiques ou absents dans le droit chemin de la morale et de l’assiduité. Par ailleurs, en 452, il parvient, au terme de discussions serrées, à faire reculer Attila à Mantoue. Et quand il n’arrive pas à préserver Rome du pillage par le chef vandale Genséric, il obtient du moins que les habitants et les maisons soient préservés.

Mort en 461, saint Léon est enterré sous le portique de la basilique Saint-Pierre de Rome. Il a laissé quantité de sermons, brefs et percutants, aussi doux qu’intransigeants, en un mot : chrétiens. Voici une brève phrase de son homélie de l’Épiphanie : « Le Christ aime l’enfance. » Phrase à laquelle il ajoute immédiatement : « Ce n’est pas aux amusements de l’enfance ni à ses tâtonnements maladroits que nous devons retourner. Il faut lui demander le rapide apaisement des colères, le prompt retour au calme, l’indifférence aux honneurs, l’amour de l’union mutuelle. »

Diplomate amoureux de la paix, capable de contenir les barbares qui veulent saccager l’Occident, aussi doux que solide, inaccessible aux gloires mondaines, effaçant sa petite personne derrière la grandeur de sa tâche : voilà un programme dont nous avons bien besoin…

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