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Raphaël Doan : Fils de la Louve

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Publié le

25 juillet 2025

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© Benjamin de Diesbach

Né à Saint-Germain-en-Laye et élevé au Pecq, d’un père créatif dans la communication et d’une mère ancienne directrice de cabinet municipal, Raphaël n’a eu de cesse de se rapprocher de l’hyper centre de Paris. Après une khâgne et hypokhâgne à Neuilly, il intègre la rue d’Ulm, au cœur du cœur de la capitale, pour y étudier les lettres classiques. Il démarre en parallèle un cursus du même nom à la Sorbonne, qu’il clôture par un Master 2 puis, l’année suivante une agrégation de lettres classiques. Quelques mois plus tard, diplômé de Normale, il entre du même souffle à l’ENA. Cette bête à concours en profite pour bifurquer. Il ne sera jamais professeur.

Doan n’en est pas pour autant conservateur. Il se définit comme classique.

Le service public l’attire depuis des années. Ce sera le tribunal administratif de Paris, où il se trouve depuis six ans, et dont il découvre, notamment, que la moitié de son activité est consacrée aux OQTF. Toutefois, son travail lui semble « un très bon poste d’observation pour comprendre les arcanes du système d’immigration ». Il veut être utile et s’engage auprès du maire du Pecq. L’activité est plutôt apolitique. Il s’agit de faire avancer des projets. Lors des élections de 2020, madame le maire lui demande de devenir son premier adjoint, chargé de l’urbanisme et des travaux. Voilà qui était malin quand on considère que l’impétrant est un spécialiste du droit public.

Entre-temps la machine à écrire s’est mise en route. Raphaël produit près d’un livre par an, la plupart du temps consacré à la culture romaine. Si Rome n’avait pas chuté (Passés composés, 2023, 160 pages) a été coécrit avec plusieurs intelligences artificielles à qui il a demandé d’imaginer ce qu’il se serait passé si la révolution industrielle était intervenue au Ier siècle après Jésus Christ, comme cela a bien failli arriver. Réponse : ils seraient allés sur la lune 400 ans plus tard. Raphaël est passionné par les nouvelles technologies, au point d’avoir cofondé une entreprise afin d’explorer comment l’IA peut vulgariser la recherche historique. Comme si tout cela ne suffisait pas, notre héros publie chroniques et tribunes dans divers journaux, dans lesquelles il rappelle comment les Romains ou les Grecs réglaient les mêmes problèmes qui se posent à nous. Ainsi, ils ont eu à gérer des soucis de hooliganisme autour de leurs clubs sportifs, qu’ils sont allés jusqu’à dissoudre pour en punir les supporters indélicats. Toute ressemblance avec le PSG n’est pas fortuite.

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Doan n’en est pas pour autant conservateur. Il se définit comme classique. Pour lui, « le classicisme est à la fois un mouvement esthétique, et comme philosophie, un courant qui va contre la tradition ». Ce mouvement fait surface à échéances régulières, essentiellement lors de périodes de forte transition, comme la Renaissance ou la Révolution, laquelle est aussi née d’un néoclassicisme. Le truc est de « s’inspirer de l’Antiquité, comme d’une sorte de code source à partir duquel reconstruire ce que l’on veut ». Notre philosophe se sent « révolutionnaire au sens de 1789 ». Par exemple, sur le jacobinisme, la liberté économique, les grandes lois de souveraineté nationale ou la puissance de la loi. Il y retrouve un côté romain. Ce goût pour l’Antiquité fut d’abord esthétique. Ses lectures enfantines des bandes dessinées d’Alix ou ses jeux avec des petits soldats romains l’ont entraîné vers l’architecture et la peinture antique, et enfin la littérature de la période.

Structuré par le monde romain, il ne voit pas de bouleversement anthropologique dans l’euthanasie : « Il y a quantité d’exemples dans l’Antiquité de gens qui veulent une “belle mort”, euthanasie, et font appel à des médecins, comme Sénèque par exemple ». Non-croyant quoique de culture catholique, il pense que nous sommes dans un moment décrit par Flaubert comme ceci : « Les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l’homme seul a été. » En septembre il entamera une nouvelle vie, en conseillant une agence de stratégie, qu’il aidera dans le domaine de l’intelligence artificielle.

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