Dans Les Désaxés (The Misfits, 1961), John Huston met en scène des cowboys qui capturent des chevaux sauvages pour qu’ils soient transformés en pâtée pour chiens. Il adaptait le roman de Miller, paru en 1957. En 1962, Spencer Tracy adapte Seuls sont les indomptés, roman d’Edward Abbey paru en 1956 : Jack Burns, cowboy réfractaire à la modernité, tente de faire échapper de prison son ami, qui refuse la conscription fédérale. Misfit dans son genre, mais volontairement misfit, the brave cowboy (titre original du livre) entraîne les hommes de loi à sa suite dans le désert, et aussi un hélicoptère gracieusement prêté par un général désireux d’entraîner ses hommes. On l’aura compris, tout ne se passera pas au mieux.
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Le livre d’Abbey (et le reste de son œuvre) est un classique de la rébellion. Abbey se définissait comme un « conservateur sauvage et utopiste, aux yeux écarquillés, au cœur sanglant […] qui a désormais compris qu’un système social radicalement industriel, totalement urbanisé et élégamment informatisé n’est pas apte à accueillir dignement la vie humaine », comme il l’écrivit en 1984. Bien vu. La bande dessinée de Radiguès et Piette rend parfaitement le ton du roman d’Abbey, notamment dans les couleurs, admirables d’intensité sourde et qui sont comme la représentation visuelle du style des magnifiques descriptions de la nature. Le dessin, faussement simple, a la saveur un peu rugueuse du texte. Cette adaptation est le parfait chemin vers l’œuvre originale.

Max de Radiguès et Hugo Piette, Sarbacane, 168 p., 12,50 €





