François Bayrou est-il plus mauvais Premier ministre que ministre de l’Éducation nationale ?
Bayrou est arrivé rue de Grenelle avec un aphorisme de bon sens : « Collège unique, collège inique ». En quelques mois, il a ravivé les guerres scolaires et mis les Français dans la rue, si bien qu’il n’a rien pu faire ensuite. Ministre de la Cogestion plutôt que de l’Éducation, il a acheté la paix sociale en donnant les clés aux syndicats. Bayrou ne gouverne pas, il subsiste. Son expertise pour passer entre les vagues reste intacte. Malheureusement, c’est aussi le cas du collège unique…
Les syndicats servent-ils autre chose qu’eux-mêmes ?
Ils apportent également des remontées utiles du terrain et accompagnent les professeurs, non sans réactivité. Le problème tient à leur corporatisme buté, pour bloquer les bonnes réformes et fabriquer les mauvaises. Les levées de boucliers politiques ne manquent pas, de la prise en otage des copies du bac sous Blanquer au refus d’appliquer l’interdiction de l’abaya, en passant par les consignes de vote pro-extrême gauche aux élections. Le ministre doit les écouter mais aussi savoir sanctionner, les syndicalistes étant, comme tout agent public, soumis à un devoir de neutralité et de loyauté.
L’inclusion, c’est…
Le triomphe du slogan sur le principe de réalité. Une école pour tous en théorie, une école pour personne en pratique. Une politique guidée par les bonnes intentions dont l’enfer est pavé.
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Bonnet d’âne pour une réforme : laquelle ?
La loi Jospin de 1989 qui, en mettant « l’élève au centre », fait de l’ignorance une vertu, des professeurs des animateurs et de l’école une contre-société libertaire. Cette réforme crée aussi les IUFM, devenus les INSPE, où l’on apprend aux futurs enseignants à ne rien apprendre, via des formations pour le moins curieuses : « Guérir de “l’hégémonie hétérosexuelle” », « La nature a-t-elle un genre ? » ou « Queeriser le curriculum ».
Pour l’uniforme ou pour l’uniformisation ?
L’uniforme, malgré ses vertus, n’est pas un remède miracle. Agir sur les conséquences, c’est bien. Traiter les causes de fond, c’est mieux ! Quant à l’uniformisation, on gagnerait à ne pas enfermer nos élèves dans un même moule généraliste. L’enseignement technique est lui aussi vecteur de sens et de perspectives. Et l’université n’est pas un droit de l’homme. Ça tombe bien : il y a des voies de garage à supprimer et des économies à réaliser, l’échec en licence coûtant 534 millions d’euros par an…
Vous prenez le pouvoir rue de Grenelle, que faites-vous en premier ?
La priorité est de s’attaquer à l’État dans l’État et à son agenda indépendant du verdict des urnes. Jacques Julliard avait un jour appelé à « raser la rue de Grenelle ». C’est excessif mais, pour reconstruire le primat du politique, il faut en effet en démanteler une bonne partie. Le ministre ayant besoin de hauts fonctionnaires compétents et loyaux, des rotations s’imposent aux postes clés : directeurs d’administration, recteurs, inspecteurs généraux. Il faut enfin retirer l’agrément des associations qui confondent instruction et militantisme. SOS Méditerranée, La Ligue des droits de l’homme ou le comité Vérité pour Adama n’ont rien à faire dans nos écoles !





