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Arménie, Azerbaïdjan et États-Unis : Une signature, une route… et beaucoup de questions

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Publié le

12 septembre 2025

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« Ils se disputent pour 32 kilomètres de route »… Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie, a le sens de la formule. Pour lui, rien de plus simple que résoudre le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Après le traité du 8 août, la guerre serait-elle donc finie ?
© Capture d'écran BFM TV

Poignées de mains vigoureuses et grands sourires. Le 8 août, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev sont reçus par Donald Trump à la Maison-Blanche. Ils signent alors tous les trois une déclaration commune, s’accordant sur un « accord sur l’établissement de la paix et des relations inter-étatiques ». Ils s’engagent « à mettre fin à tous les combats pour toujours, à ouvrir le commerce, les voyages et les relations diplomatiques, et à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’autre » !

Cette déclaration d’intention prévoit la construction d’un couloir multimodal – une voie routière, une voie de chemin de fer et des infrastructures énergétiques – de 42 kilomètres qui permettrait à l’Azerbaïdjan de rejoindre le territoire du Nakhitchevan, une exclave azérie, située entre la Turquie et l’Arménie, en longeant la frontière avec l’Iran. Ce couloir, officiellement sous souveraineté arménienne, serait alors placé sous la responsabilité et la surveillance d’entreprises américaines, via un bail longue durée de 99 ans. Il porterait même le nom de « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » !

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Sans parler des conséquences internationales de la création de cette route Trump – on imagine mal la Russie et l’Iran ne pas réagir – en Arménie, la signature du 8 août laisse un goût amer. Depuis plusieurs années, l’opposition dénonce les capitulations successives du Premier ministre face à l’ennemi azéri et l’abandon total de l’Artsakh. La signature de ce pré-traité, aux termes souvent ambigus, ne fait que renforcer leurs craintes. Cette fois-ci, le principal parti d’opposition dénonce même une « nouvelle menace existentielle » pour l’Arménie. Parce que, les grands gagnants de l’accord sont d’abord les États-Unis, qui deviennent le « faiseur de paix », et l’Azerbaïdjan, qui obtient ce qu’il réclame depuis des décennies. La route Trump, c’est la concrétisation de la vieille demande azérie de la création d’un « corridor de Zanguezour ».

Un nouvel abandon de l’Artsakh

Que gagne réellement l’Arménie ? La paix avec son voisin, sans doute, et l’éloignement provisoire des menaces d’invasion militaire. C’est à la fois beaucoup… et très peu. Parce que cet accord fait l’impasse sur la question centrale de l’Artsakh, qui fracture aujourd’hui l’Arménie et oppose violemment l’Église apostolique arménienne et le gouvernement. Envahi en 2020, annexé définitivement en 2023, l’Artsakh est le grand oublié des négociations de 2025.

Après ce mémorandum bien vague, nombre de questions restent en suspens. Ainsi, qu’en est-il d’un éventuel droit au retour des populations arméniennes chassées d’Artsakh ? Qu’en est-il des anciens dirigeants de l’Artsakh, retenus otages à Bakou depuis deux ans, dans des conditions lamentables – même la Croix-Rouge internationale n’a plus l’autorisation de leur rendre visite – et actuellement jugés ? Quel sort sera réservé au patrimoine millénaire arménien d’Artsakh et désormais méthodiquement détruit par les occupants azéris ? Enfin, l’Azerbaïdjan exige toujours une modification de la constitution arménienne, afin que l’Arménie renonce officiellement et définitivement à toute revendication sur l’Artsakh. Ilham Aliev l’a rappelé aussitôt le document signé. On est bien loin d’un traité de paix équitable et équilibré.

Pour Nikol Pashinyan, le Premier ministre arménien, il faut désormais faire ratifier ce traité par le Parlement arménien et le faire admettre par les Arméniens, alors que des élections législatives sont prévues en juin 2026. Pas sûr que cela se fasse tranquillement.

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