Il est touchant, Olivier Marchal : l’ex-flic n’a pas oublié son ancienne vie ni ses anciens collègues, et, depuis Gangsters jusqu’à Pax Massilia (la saison 2 vient de sortir), le réalisateur français ne cesse de parler d’eux, de leurs souffrances et de leur mal-être. Avec ses cernes en accordéon, sa trogne porte encore toutes les cicatrices du passé, de ces blessures récoltées en se confrontant aux abysses de l’âme humaine et il sait mieux que quiconque, comment, chez le flic comme chez le voyou, le bien et le mal joutent toujours. La nuit, seul à son bureau, il couche sur papier leurs histoires, espérant ainsi sauver leurs âmes et éloigner ses démons. Alors il convoque à la fois ses souvenirs et les grands maîtres qu’il admire, puisque son cinéma pullule de références, de Melville à Michael Mann, et qu’il ambitionne, depuis ses débuts, de s’inscrire dans cette lignée en pratiquant du polar qui s’assume : un genre brutal et réaliste. « N’oubliez jamais : tous coupables ! », affirmait l’inspecteur général des services dans Le Cercle Rouge. Ses personnages n’échappent pas à ce sombre constat. Ses « poulets » évoluent toujours sur une ligne de crête à la frontière morale ténue que les vapeurs de gnole bon marché et de clope tiède floutent encore davantage. Mal rasés, les cheveux cradingues et le cuir qui grince, ils n’échappent jamais au fatal engrenage, pris en étau entre une hiérarchie pleutre et des voyous sans honneur. Depuis vingt-cinq ans, Marchal a peaufiné son style et trouvé sa marque de fabrique. Ses commissariats ressemblent à des usines désaffectées, ses flics roulent en grosse berline et leurs plaques pendouillent à leurs cous. Ils causent de « même bac à sable » et de « finir dans une charrette », ils « montent au braquo » et comptent en « piges ». […]
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