Qu’est-ce que l’État de droit ?
Le terme « État de droit » n’apparaît dans la littérature juridique française qu’à une époque récente. Il est emprunté à l’allemand Rechtsstaat qui, historiquement, ne veut rien dire d’autre que la soumission du fonctionnement de l’État à un système cohérent et hiérarchisé de règles. Il n’a pas de contenu programmatique ou moral précis.
Cependant, en France comme ailleurs en Europe, « État de droit » est devenu un mot-valise, qui a une signification tantôt juridique, tantôt philosophique, voire transcendantale. Dans cette dernière acception, il devient une religion dont les « droits fondamentaux » sont le credo, le juge le grand officiant, les groupes militants les prédicateurs, et le dépositaire de l’autorité la figure démoniaque. Telle la statue du Commandeur, la notion d’État de droit est brandie face au gouvernement et au législateur pour leur interdire, lorsqu’ils traitent de sécurité, de justice pénale ou d’immigration, toute modification de l’état du droit, dès lors qu’elle porterait ombrage aux droits individuels. […]
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