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Institut Paralos : un mystérieux mécène pour les projets conservateurs et de droite

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Publié le

5 février 2026

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En ce début d’année, L’Incorrect eu la bonne surprise de recevoir un don de 5 000 euros d’un institut inconnu et sans avoir demandé quoi que ce soit : L’Institut Paralos. Nous sommes le 17 janvier, il vient d’apparaître sur le réseau X et annonce vouloir distribué 100 000 euros de dons en 2026. Nous les avons contactés pour en savoir davantage. Entretien.

Qu’est-ce que l’Institut Paralos ?

Pour faire simple, L’Institut Paralos est une expérience. Nous testons une idée simple : est-ce que des dons de taille modeste, faits sans le cirque habituel, peuvent quand même produire un effet réel ? Nous pensons que oui, mais cela demande d’identifier les bons projets, les bonnes personnes, et d’allouer l’argent correctement. L’expérience a de fortes chances d’échouer, mais nous estimons qu’il vaut mieux tenter le coup que de rester spectateur. 100 000 €, ça peut paraître beaucoup pour un particulier mais c’est en réalité une goutte d’eau dans l’océan des besoins.

Qui sont les membres de l’Institut ?

C’est une très petite équipe, entièrement financée sur fonds privés, jeune, française, et profondément attachée à ce que la France a été et pourrait redevenir.

Quel a été l’élément déclencheur ?

Cela fait plusieurs années que nous donnons de l’argent de manière informelle. Nous avons aussi vécu longtemps à l’étranger. C’est là-bas qu’on réalise à quel point la situation en France s’est dégradée par rapport à d’autres pays développés, et à quel point beaucoup de choses que l’on considère « normales » en France ne le sont pas du tout. Le sentiment que le pays décroche, que beaucoup de dysfonctionnements sont minimisés ou ignorés, que la qualité de vie s’effrite très vite par rapport à d’autres nations du même niveau… tout cela s’est accumulé. À un moment on s’est dit : « OK, essayons quelque chose. Fixons-nous un objectif concret : 100 000 € donnés en un an, bien placés, et voyons si ça peut, même modestement, changer quelque chose. »

Sur quels critères financez-vous les projets ? Comment décidez-vous ?

Ça dépend du stade du projet.

– Pour un projet naissant : on regarde les fondamentaux et surtout les gens derrière.

– Pour un projet déjà en activité : on regarde le track-record, ce qu’ils ont fait avec l’argent reçu jusqu’ici, la cohérence, la qualité des personnes, et pourquoi ils ont réellement besoin de plus.

Dans les deux cas, trois questions principales : le projet est-il concret et réalisable ? Le montant demandé est-il proportionné ? Les porteurs ont-ils la capacité de mener le projet à bien ? Nous avons une sensibilité conservatrice, mais nous sommes tout à fait ouverts à financer des projets ou associations qui se veulent apolitiques, tant que la démarche nous semble sérieuse et utile pour le pays.

Pourquoi restez-vous anonyme ?

Parce que la très grande majorité des donateurs en France le sont de facto : qui connaît exactement les noms et les montants des donateurs de tel média, de tel journal, de telle association ? Personne, sauf la structure elle-même. Nous sommes donc, paradoxalement, déjà plus « transparents » que la plupart des donateurs privés classiques : chaque subvention est publique, le budget restant est visible en temps réel, nos critères sont expliqués.L’anonymat n’est pas une fin en soi. L’objectif est plutôt inverse : en montrant publiquement qu’on fait ça sans chercher la gloire ni les médailles, on espère pousser d’autres donateurs (plus fortunés que nous) à sortir du bois et à donner plus ouvertement.

L’anonymat suscite toujours des suspicions. Que répondez-vous à ceux qui soupçonneraient une ingérence étrangère et/ou une organisation politique derrière ?

 Les gens soupçonneront toujours quelque chose, c’est inévitable. La seule façon de faire taire ça serait de se démasquer complètement, ce qui arrivera peut-être un jour si nous jugeons que c’est le bon moment. En attendant, les faits parlent d’eux-mêmes : les montants sont publics, les projets financés sont visibles, il n’y a aucune contrepartie. Nous invitons quiconque à vérifier. Il s’agit de mécénat personnel, de capital privé, de citoyens français qui financent des projets français. Si nous étions une opération d’ingérence étrangère, nous serions sans doute les plus mauvais espions de l’histoire: transparence totale sur les montants, pas de demande en retour, petits dons, aucun agenda caché… ça ferait un scénario d’opération secrète particulièrement stupide.

Quelles contreparties demandez-vous en échange d’un soutien ?

Aucune dans la très grande majorité des cas. Il y a deux situations :

– Soit on fait un don direct sans avoir été sollicité : on attend strictement rien.

– Soit le projet nous contacte avec une demande précise : on demande juste que l’argent serve exactement au projet présenté, et rien d’autre.

Pas de tableurs Excel mensuels, pas de reporting interminable, pas de micro-management. On n’est pas actionnaires, on le sait. Si on peut donner un avis ou un coup de pouce utile sur un sujet qu’on maîtrise, on le fait avec plaisir, mais on connaît notre place.

Vos méthodes tranchent avec le mécénat habituel, pour quelles raisons ?

Nous pensons que le système classique de mécénat / philanthropie institutionnelle est largement cassé : trop de bureaucratie, trop d’intermédiaires, trop d’événementiel, pas assez d’argent qui arrive réellement là où c’est utile. Concrètement, on a voulu corriger trois choses :

– La lenteur : chez nous, un projet reçoit une réponse en deux semaines maximum. Pas en six mois.

– L’opacité : notre budget restant est publié en temps réel sur notre site. N’importe qui peut voir ce qu’il reste et ce qui a été donné.

– La complexité : un dossier de deux pages suffit. Pas besoin de consultant en rédaction de subventions.

Peut-être découvrirons-nous que toute cette lourdeur existe pour de bonnes raisons. Mais pour l’instant, nous préférons essayer autrement.

Vous avez annoncé une enveloppe de 100 000 € pour 2026. Est-ce une première étape ?

 Oui, c’est clairement une première marche. Si on trouve de très bons projets, on dépassera probablement les 100 k€ dès 2026. Si l’expérience fonctionne bien, le montant augmentera en 2027. À plus long terme, on pourrait envisager un accompagnement plus structuré pour certains talents ou projets français, au-delà du simple don. Mais on n’en est pas là : d’abord prouver que le modèle de base fonctionne.

L’Institut Paralos a-t-il vocation à se développer ? Comment ?

On y réfléchit. Un accompagnement plus structuré serait intéressant, mais seulement si le cadre le permet et si on a prouvé que notre modèle actuel tient la route. On aimerait aussi contribuer à faire émerger un réseau de projets et d’initiatives partageant certaines valeurs communes, mais ce n’est pas notre compétence principale. Notre background est entrepreneurial. On sait faire ça. Sur le reste, on reste modestes et on se concentre sur ce qu’on comprend bien.

Qu’espérez-vous à la fin ?

Juste aider un tout petit peu notre pays. Pas de gloire, pas de reconnaissance, pas d’ego. Au contraire : plus ça reste discret et efficace, mieux c’est. Et si, en chemin, on arrive à montrer que d’autres peuvent faire pareil, avec leurs moyens, à leur échelle, alors l’expérience aura vraiment réussi.

En savoir plus : https://institutparalos.com/fr/

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