L’Intranquillité, c’est le nom d’un bouquin de Fernando Pessoa, le fameux écrivain lisboète, l’homme qui s’est imaginé mille vies sans jamais quitter sa thurne. Ce pourrait être aussi le nom d’une biographie de Marguerite Stern. Sauf que Marguerite, c’est un peu l’inverse : elle a vécu mille vies et elle semble bien incapable de se fixer à un seul endroit. À 20 ans, elle s’était mise en danger plus que vous ne le ferrez jamais jusqu’à votre mort. Refusant les étiquettes, méprisant la compromission et les petits calculs d’apothicaire. Il suffit de voir son visage, soigneusement maquillé, attentif, concentré, pour prendre la mesure des tempêtes intérieures qu’elle a vécues, et qu’elle raconte dans son livre avec la rigueur d’une entomologiste qui pose, sur la société des hommes et sur elle-même, un regard exigeant la plus grande netteté : « Écrire, c’est d’abord un exercice de clarification, pour les autres et pour moi-même. Lorsqu’on devient une sorte de personnage publique, on a tendance à s’effacer, à oublier ses propres contours. » A fortiori lorsque le personnage public connaît un destin comme le sien. […]
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