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Anne de Guigné, modèle de douceur

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Publié le

5 mai 2026

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Modèle de douceur, la vénérable Anne de Guigné a marqué les esprits par une sainteté simple qui rayonne encore aujourd’hui.
© Romée de Saint Céran

Petite demoiselle née dans une famille chrétienne, de tradition militaire, en 1911, Anne de Guigné n’est pas une enfant facile à vivre. Colérique à l’occasion, volontiers insolente et dominatrice, elle se signale toutefois par sa ferme volonté. Lorsqu’elle a quatre ans, son père, officier de chasseurs alpins, meurt pour la France. C’est le début de la conversion de son cœur.

La petite fille décide de transformer sa vie et de devenir semblable au Christ par la douceur, la volonté et la prière. Sa bonté et sa tendresse envers sa mère et ses proches étonnent ceux qui la rencontrent. Tout ce qu’Anne souhaite, c’est aller au Ciel, par une vie simple et offerte, en faisant seulement ce qui est bien. Son rêve est de devenir carmélite.

En 1922, Anne de Guigné contracte une méningite. Elle en meurt le 14 janvier, après avoir échangé ces quelques mots avec la religieuse qui était à son chevet : « Ma sœur, puis-je aller avec les anges ? »« Oui, ma belle petite fille »« Merci, ma sœur, ô merci ! ». Paroles qui sont à rapprocher de celles de la petite Anne-Gabrielle Caron, cette demoiselle toulonnaise morte au début des années 2000, et dont nous avons déjà parlé ici.

Lire aussi : Partout, les saints : Sainte Blandine

Très vite, la renommée de la petite fille si douce, qui aimait tant le Bon Dieu, s’étend. Un article, transformé en livre, paraît dès l’année de sa mort, et se répand dans le monde entier. Les pèlerins affluent à Annecy-le-Vieux, sur la tombe d’Anne. L’Église, sensible à la dévotion des fidèles, ouvre un procès en béatification dès 1932. Seulement, il y a un petit problème pour faire aboutir le dossier : Anne de Guigné n’est pas martyre et n’est à l’origine d’aucun miracle. Il faudra attendre 1990 pour qu’elle soit déclarée vénérable, et qu’on reconnaisse, selon la formule vaticane, « l’héroïcité de ses vertus ».

Eh oui, Anne n’a pas fait de miracles. Elle n’en a peut-être pas eu le temps. Mais le maître du temps est le Bon Dieu, et on peut donc considérer, avec un peu de simple bon sens, qu’elle a accompli ce qu’elle avait à accomplir. Le rayonnement qu’a eu son exemple, sans commune mesure avec sa petite vie calme et simple, offerte pour faire le bien, devrait d’ailleurs nous pousser à reconnaître qu’elle a donné du fruit bien au-delà de ce que sa vie terrestre laissait présager.

En attendant, que son exemple discret inspire nos vies si bruyantes et si impatientes… ainsi que, pourquoi pas, celles de nos enfants turbulents.

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