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Il y a cent ans, hagards et traumatisés, nos poilus survivants sortaient des tranchées. Ils étaient bleu horizon, comme le ciel de l’automne au moment de l’arrêt des coups de canon, le 11 novembre 1918.
Nos poilus, vivants et morts, estropiés, gueules cassées, traumatisés ou taiseux, la plupart, cultivateurs mais pas seulement les tranchées ayant été un lieu de mort en commun où un homme illettré pouvait sauver la vie d’un poète de renom ont été des héros. Leur vie, plongée dans la boue des terres paysannes, sur des fronts étendus à toute l’Europe, a été héroïque. Il n’est que de regarder leurs visages abrupts et leurs regards en 1918, au moment de l’armistice, pour saisir combien ces hommes, dans les tréfonds d’une peur symbolisée par les 37 millions d’obus tombés sur Verdun, ont été des hommes d’exception.
La France, ce sont avant tout nos tranchées. La boue, les vivants et les morts. Les causes de la présence de ces hommes en ce lieu-là et à ce moment-là sont nombreuses, bien sûr. Il est cependant une certitude : les hommes qui se sont battus pour défendre les tranchées, pied à pied, barbelé après barbelé, ont combattu pour défendre une terre.
Pas n’importe quelle terre : la leur, celle à laquelle ils étaient attachés, dès avant de revêtir l’uniforme. Une terre que nous foulons toujours, sans assez penser à la boue ensanglantée qu’elle fut alors, cette terre de nos ancêtres les poilus – notre terre ; nous sommes enracinés dans les corps enterrés de nos arrières grands-pères morts pour la France. Une France que l’idéologie au pouvoir, incarnée par l’actuel président de la République, veut voir disparaître au profit d’un gros Machin virtuel et désincarné, comme le sont toutes les utopies se prétendant « progressistes ».
Humer sa terre n’est pas être nationaliste ou guerrier
Mais prendre le temps de humer la terre de laquelle nous sommes nés, celle qui porte en elle, comme l’on porte un enfant, la personne que nous sommes, reliée à nos ancêtres, aux morts, à ceux qui ont fait cete terre, maternelle et féminine, prendre le temps de humer et ainsi de reconnaître sa terre, ses racines, et de s’accepter pour ce que l’on est, enraciné et non pas encore facebookisé, ce n’est pas faire le jeu des nationalismes ou autres grandes peurs des bien-pensants.
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Ce n’est que pragmatisme et réalisme : il n’est rien qui ne naisse de quelque chose, quelqu’un et quelque part. Nous sommes les vivants de la terre boueuse dans laquelle nos poilus sont morts. Ils étaient très majoritairement français, de culture européenne, de racines chrétiennes, catholiques en France, gréco-latines à l’échelle continentale. Ils s’appelaient Antoine, Pierre, Albert, Mathieu, Alain, Raymond, Marc, Jacques, Bertrand, Jean, Benoît, aucun ou très peu se prénommait Omar ou Hapsatou.
Aimer l’horizon bleu de la terre de France
L’état actuel de la France et la haine qui s’exprime ici et là à son encontre, sur certains plateaux de télévision, où librement se prononcent des insultes à l’égard du pays comme de la république, au sujet d’un État supposé « colonial » ou « raciste », ou bien dans certains quartiers dits « perdus » où toute forme d’autorité, du professeur au pompier en passant par le boulanger de culture européenne et le policier, même issu de l’immigration, ne sont pas seulement des insultes produites au présent; ce sont des insultes prononcées à l’encontre de la terre dont étaient faits nos poilus.
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Cette terre est le lieu de mémoire de la France, et ainsi le conservatoire de la mémoire de nos arrières grands-parents, venus de leurs « pays » et de leurs cantons, et morts par amour de cette terre et des morts qu’elle contient. Qui sommes-nous, hommes de maintenant, si nous ne sommes pas capables d’aimer cette même terre, à l’approche du centenaire de l’armistice de 1918 ? Peu de choses, sinon « les déracinés » de Barrès. Notre terre, n’en déplaise aux européistes n’est pas le lieu d’un nationalisme guerrier, elle est simplement le fond partagé de notre mémoire commune, une mémoire de laquelle s’excluent d’eux-mêmes ceux qui en refusent l’idée. Alors, pour parodier un ancien président, si notre maison brûle, faut-il vraiment laisser les clés aux incendiaires, et regarder ailleurs? On dira que se référer à la terre en héritage est conservateur? Grand bien nous fasse, le mot n’est plus un gros mot.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





