[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1542615183254{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Le populisme est omniprésent dans l’actualité. Et pourtant, ce terme, utilisé la plupart du temps de manière péjorative, recouvre des forces très disparates, revendiquées ou classées aussi bien à gauche qu’à droite du spectre politique. Mais, est-il vraiment raisonnable de mêler, sous une même notion, des organisations aux programmes opposés ?
Les difficultés à définir le populisme sont inscrites dans l’origine du vocable. Néologisme apparu à la fin du XIXe siècle, il a d’abord désigné des mouvements politiques ruralistes russe (les Narodniki) et américain (le People’s party) dont la rhétorique était, au nom du peuple réel, antilibérale et antiélitiste. Ces deux courants différaient cependant sur les questions de la place de l’État (les Russes admettaient la centralisation que les Américains rejetaient) et de la méthode d’action (le recours au terrorisme des premiers était exclu par les seconds). Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, le populisme s’incarna dans un courant littéraire théorisé par Léon Lemonnier mettant en exergue l’intérêt sociologique et la beauté artistique des mœurs du peuple. Il y a donc dans le populisme concours des deux acceptions possibles du terme peuple : l’une sociale (les catégories populaires), l’autre culturelle (le peuple en tant que corps social).
Lire aussi : Éric Zemmour, l’entretien vidéo
Parce qu’il n’est pas un régime défini ni une idéologie globale, mais le principe actif d’une politique, le populisme est propre à un peuple et à un temps; l’identifier ne peut se faire en dehors d’un contexte particulier. Il est donc susceptible d’être un moteur aussi bien dans le cadre d’une lutte des classes que dans l’affirmation du droit d’un peuple à exister et à persister dans son identité. Tout dépend de l’enjeu majeur du moment. Le populisme s’est incarné dans le temps et dans l’espace de manière assez variée parce que les peuples et leurs conditions d’existence étaient divers. Il n’en demeure pas moins que des courants politiques inconciliables ne peuvent, en même temps, incarner le populisme. Dans les circonstances de la mondialisation, le bien du peuple ne peut consister, contradictoirement, à maintenir ses traditions identitaires et à être transformé par le multiculturalisme.
Parmi les différents facteurs explicatifs du positionnement politique, le patrimoine est l’un des plus prégnants ; il pousse au vote à droite. Or, le patrimoine n’est pas seulement matériel mais aussi immatériel : c’est la culture, la langue, l’histoire. Des personnes inquiètes pour leur patrimoine matériel (leur niveau de vie) ou pour leur patrimoine immatériel (leur mode de vie) peuvent donc se retrouver dans une démarche populiste réunissant des électeurs de droite mais aussi venant de la gauche. Pour autant, le facteur identitaire (défense du peuple en tant que corps social) place incontestablement ce populisme à droite (la gauche restant internationaliste).
Puisqu’il consiste, d’une part, dans la valorisation de ce qui vient du peuple (angle socio-culturel) et, d’autre part, de ce que fait le peuple (angle démocratique), le populisme s’oppose, de nos jours, aux élites mondialisées adeptes du multiculturalisme et actrices de la post-démocratie. Il œuvre à la protection de celui qui, dans l’altérité, est le plus faible (défense de la main-d’œuvre nationale contre la concurrence déloyale, sauvegarde de la dignité de la personne contre sa chosification). Il réintroduit l’antique opposition entre la légitimité et la légalité : la défiance vis-à-vis de la classe politique conduit à ne plus assimiler le légal au juste et à réinvestir l’idée du bien commun qui est à la fois le bien du tout (le peuple) et le bien des parties le composant (les hommes du peuple). Les circonstances d’aujourd’hui font du populisme un courant « naturellement » de droite
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





