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Bonsoir et bienvenue sur la première chaîne télévisée publique, dans votre émission favorite, La Grande Chasse. Vous connaissez le principe de l’émission. Un jury composé de personnalités reçoit vos appels en faveur de la tolérance et du vivre ensemble.
Nous sélectionnons trois appels en fonction du nombre de cœurs sur Facebook, après examen le jury attribue le grand prix en fin d’émission. Je vous rappelle que le grand prix gagne un séjour gratuit au Zimbabwe, avec un safari de rééducation des derniers fermiers blancs, financé par l’Open Society de George Soros, un abonnement d’un an à Libération donné par notre partenaire SFR et un dîner privé avec Edwy Plenel offert par notre confrère Médiapart. Nous prenons un premier appel :
– Allo ?
– Oui, présentez-vous, cher auditeur, auditrice, ou non identifé•e
– Je suis Hapsita Sou, je vous appelle du Maine-et-Loire. Ce matin, avec une des autres femmes de mon mari nous avons été en mairie déclarer la naissance de mon neuvième enfant. Une autre mère était devant nous et déclarait deux jumeaux. Tenez-vous bien, elle a annoncé devant tout le monde les prénoms choisis: Jacques et Marie. Sans se gêner, comme ça, et devant nous en plus. Nous avons rappelé au fonctionnaire qu’en raison de la nouvelle loi égalité pour tous, aucun prénom ne devait se référer à l’époque coloniale. Nous avons été entendus; honteuse, la mère de famille a dû battre en retraite et elle devra choisir un prénom conforme. Nous avons signalé son cas à la caisse d’allocations familiales, pour qu’une retenue soit effectuée sur son prochain versement, à titre d’avertissement.
– Eh bien voici un premier appel excellent et une Chasse de qualité, merci Hapsita pour votre vigilance, nous prenons un deuxième appel, allo ?
– Vous me permettrez de ne pas donner mon nom. Je parle au nom du collectif culturel Vengeance et Justice. Il y a peu, une officine prétendant au nom de librairie, en réalité un repaire nauséabond rappelant les heures les plus sombres de notre histoire, a ouvert près de chez moi, à Paris. Ce cloaque vendait ouvertement des livres depuis longtemps interdits, Nimier, Blondin, Perret, Burke, Chesterton et même, tenez-vous bien, des ouvrages de Céline et d’Alain de Benoist, sans compter des revues comme Limite ou Éléments. Des adolescents égarés, voire des enfants, pouvaient avoir accès à ces œuvres puantes. Le collectif, Vengeance et Justice a essayé par deux fois de faire un autodafé de ces ouvrages, en livrant au feu l’endroit et les stipendiés qui y travaillent. Malheureusement, la première fois nous n’avions pas pris d’allumettes ou de briquet et la seconde, l’essence bon marché s’est révélée mélangée à de l’eau. Mais nous reviendrons: no pasaran !
– Hmmoui, certes votre action mérite encouragement, malheureusement nous ne pouvons accorder un prix à un anonyme. Poursuivez vos efforts que nous espérons couronnés de succès, puis trouvez un porte-parole et rappelez-nous. Nous avons un autre appel.
– Bonsoir, ici Claude Lenormand. J’écoute souvent votre émission La Grande Chasse. Mais j’ai une question: pourquoi ne donnez-vous jamais la parole à d’autres sensibilités politiques? Après tout, vous êtes le service public financé par nos impôts?
– Je ne comprends pas la question, vous pensez à quelle sensibilité politique en particulier?
– Eh bien vous pourriez inviter un rédacteur de L’Incorrect comme membre de votre jury. Ce n’est qu’un exemple.
– Vous avez une relation avec ce journal ?
– Je le lis et j’y écris parfois.
– Je ne vous entends plus, la ligne est coupée, nous prenons un autre appel. J’ai en ligne le comité d’épuration des noms de rue, le PURIN, Pour Une Rue Innocente et Néo-citoyenne, le PURIN, c’est à vous…
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