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Robert Sirico « Le libéralisme est le seul moyen de sortir les gens de la pauvreté »

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Publié le

18 février 2019

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Sirico

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[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1550488982056{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]Prêtre américain et libéral revendiqué, Robert Sirico estime que le libéralisme est non seulement conforme à la liberté chrétienne voulue par Dieu mais aussi le seul moyen d’obtenir une société d’abondance. Président de l’Institut Acton, il a récemment publié Catholique et libéral (Salvator).

 

Vous êtes un grand admirateur de la culture française. Pourquoi, selon vous, la France a-t-elle une relation aussi complexe avec le libéralisme ?

En France, l’Église a longtemps été assujettie au pouvoir politique, notamment sous la monarchie. Le clergé a mis, un temps, ses espoirs dans les premiers changements induits par la Révolution française mais la Constitution civile du clergé a douché les esprits en 1790 et le contrôle étatique sur l’Église s’est finalement renforcé. La Révolution est donc responsable d’avoir poussé l’Église – et toute une partie de la société – vers une position réactionnaire dans laquelle elle s’est astreinte à contempler la liberté avec méfiance, notamment sur le plan économique.

 

Une société qui encourage le libéralisme économique ne doit-elle pas inévitablement s’attendre à souffrir à long terme du libéralisme sociétal ? En d’autres termes, est-ce qu’une économie de marché ne mène-t-elle pas nécessairement à une société de marché ?

Je ne pense pas qu’il y ait un mouvement inévitable du libéralisme économique au libéralisme sociétal, à partir du moment où l’économie est ancrée dans une véritable anthropologie. Ce qui est vrai, c’est que dans la société d’abondance produite par le marché, il y a une multiplicité de choix possibles, des tentations comme des opportunités. Mais ce n’est pas parce que l’on peut choisir librement une chose qu’il faille nécessairement le faire.

 

Le libéralisme économique peut en effet encourager le matérialisme, c’est pourquoi il est essentiel de remplir l’économie libre d’un telos (finalité) moral vers lequel on oriente cette puissante machine de prospérité. (Robert Sirico)

 

L’exemple américain est intéressant : les États-Unis ont une économie relativement libre et le plus haut taux de pratique religieuse des pays occidentaux. Il n’y a donc pas de dérive inévitable du libéralisme économique vers le libéralisme sociétal ou l’athéisme. De plus, le libéralisme économique est le seul moyen de sortir les gens de la pauvreté. Depuis deux cents ans, nous avons été les témoins de la plus monumentale augmentation du niveau de vie, par la sécurisation du droit de propriété, l’application de la loi et la mondialisation du marché.

 

 

Vous défendez l’idée du bien commun, une idée fondamentalement chrétienne. Peut-elle coexister avec une économie de marché, dont le résultat est la somme d’intérêts individuels ?

Le bien commun est souvent confondu avec une forme d’accomplissement collectiviste socio-économique ou avec un utilitarisme qui vise le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. La conception chrétienne est différente car elle considère les êtres humains comme des personnes – c’est-à-dire des êtres en relations – et non comme de simples individus isolés les uns des autres.

 

Dans ce contexte, le bien commun n’est pas vraiment un état des choses statique ou un accomplissement politique de la société mais bien une série de conditions qui encouragent le bien-être des personnes, sans directement le créer, ce qui est parfaitement libéral. Comme le disait le pape Jean XXIII, le bien commun est « l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement. » (Mater et Magistra, 1961).

 

 

Vous critiquez la vision matérialiste et socialiste de la pauvreté qui rive les aspirations humaines à la nourriture et l’argent. Mais le libéralisme économique n’est-il pas coupable du même matérialisme en estimant que le libre marché résoudra le problème de la pauvreté ?

Oui, le libéralisme économique peut en effet encourager le même matérialisme, c’est pourquoi j’explique en détail dans mon livre et à travers le travail de l’institut Acton pourquoi il est essentiel de remplir l’économie libre d’un telos (finalité) moral vers lequel on oriente cette puissante machine de prospérité. La liberté est nécessaire mais pas suffisante.

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