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Vive les gros saints : Sainte Marguerite d’Antioche

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17 juillet 2019

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Fêtée le 20 juillet par les Latins d’ancien rite et le 17 juillet par les Orientaux, sainte Marguerite d’Antioche (275-305) vierge, tueuse de dragon et martyre aporétique a eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être sainte.

 

La légende nous dit que fille d’Edésius, chef des idolâtres d’Antioche, Marguerite perd sa mère à douze ans et se voit confiée aux soins d’une bergère, secrètement chrétienne. La douceur et la piété de cette femme amènent Marguerite au Christ. À quinze ans, elle Lui consacre sa virginité et encourt le reniement de son père. Aussi belle et resplendissante que son nom floral l’indique, un jour qu’elle garde les troupeaux, les yeux du vilain Olibrius, préfet romain, sur elle se rivent. Marguerite se refuse, arguant qu’elle a un époux, et lequel ! « Comme si quand on n’est pas laide on n’a droit d’épouser Dieu », lui dit-elle. Ou peut-être pas.

 

Refusant de l’admettre, Olibrius la traduit en justice, la menace des fouets, si elle refuse de lui sacrifier et sa foi et son hymen. « Chien impudent », crache la vierge au préfet lubrique, les fers plutôt que ta couche. Olibrius la soumet donc à la flagellation, jusqu’à ce que ses chairs soient ouvertes, les os exposés, le sang ruisselant de son dos, faisant gerber les spectateurs voraces. Dans les cachots où elle attend patiemment de recevoir sa palme, les miracles se multiplient et, à la faveur d’un séisme, un dragon sort de terre et l’avale. Armée du seul signe de croix, Marguerite éventre la bête de l’intérieur, sort indemne, lui écrase la tête avec son talon.

Marguerite se refuse, arguant qu’elle a un époux, et lequel ! « Comme si quand on n’est pas laide on n’a droit d’épouser Dieu », lui dit-elle. Ou peut-être pas.

Cela ne suffisant pas à la couronner au Ciel, les tortures se poursuivent, Marguerite ne cessant de louer Dieu, de chanter au milieu des flammes appliquées sur ses membres, de prier au sortir de l’ordalie par immersion, tant et si bien que cinq mille personnes par son exemple se convertissent au Dieu Très-Haut. Pour arrêter cette hémorragie païenne, Olibrius ordonne la décapitation des convertis et de la sauroctone. Le bourreau se refuse à trancher la sainte tête, mieux, il demande à recevoir le Christ. Les dernières paroles de Marguerite sont pour lui : « Frère, obéis et frappe de ton épée ».

 

Lire aussi : Vive les gros saints, épisode 3 : Saint Stanislas

 

Ces faits sont rapportés par Théotime, son visiteur de prison, qui ensevelit son corps à Constantinople. Vénérée dès lors comme une mégalomartyre, son culte se répand jusqu’en Occident où elle est honorée en de nombreux lieux, figure populaire des bréviaires et hagiographies. Elle reparaît à Domrémy en 1425 afin de préparer une autre pucelle à devenir une martyre semblable à elle.

Si pour vous tous ces faits déraisonnables sont des preuves suffisantes, alors, frères et sœurs, le 17 ou le 20 juillet, nous fêtons Sainte Marguerite d’Antioche.

Ôtée du martyrologe romain en 1969 dans l’indifférence générale, parce que soi-disant il n’y a pas de preuve de sa vie, Sainte Marguerite d’Antioche reste très vénérée par les Orthodoxes et nous prouve qu’il y a toujours des évêques verrats à défaut de se nommer Cauchon. Si, comme moi, vous buvez du sang de la vigne en prenant garde à ne jamais vous enivrer du sang des saints et des martyrs, surtout des vierges, que le fait que la France demeure alors que nos ennemis attendent depuis des siècles qu’elle meure, que Jeanne fit couronner Charles VII le 17 juillet 1429 à Reims contre toute attente, que la bataille de Castillon mit fin à la Guerre de Cent ans le 17 juillet 1453, jour anniversaire du martyr de Sainte Marguerite, que Jeanne sauva la France sur ordre de Marguerite, guidée par elle et qu’elle y parvint, au prix de sa vie qu’elle abandonna sur un bûcher, elle qu’on disait folle sorcière tandis qu’elle était pucelle, sainte et martyre comme Marguerite. Si pour vous tous ces faits déraisonnables sont des preuves suffisantes, alors, frères et sœurs, le 17 ou le 20 juillet, nous fêtons Sainte Marguerite d’Antioche et nous la supplions, avec force larmes et chapelets, de présenter à Dieu nos prières pour qu’Il daigne nous envoyer de nouveau un virginal sauveur, car, enfin, ce n’est pas grande pitié dans le Royaume de France dont le Christ est Roi. C’est la désolation.

 

Fidèles au baptême de Clovis, fidèles au sang des martyrs et fidèles au Christ, chef de l’Église, jusqu’à la fin nous resterons. Sainte Marguerite est la patronne des parturientes, des villes de Léros, Imbros et Héliopolis.

 

 

Élodie Pérolini

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