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Nicolas Pariser : De la théorie à la pratique

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Publié le

7 octobre 2019

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Du Rohmer jusque dans le titre, un sujet ô combien d’actualité, celui de l’écart entre l’action et la pensée, le politique et les « gens ». Deux interprétations délicieuses : celle de Fabrice Luchini en maire de Lyon, qui se décrit lui-même sans carburant et qui recrute une jeune normalienne, Anaïs Demoustier (toujours parfaite), chargée de substituer aux discours creux des communicants, des mots riches, vrais et profonds.

 

 

En guise d’ouverture, nous suivons Alice de son appartement avec vue sur Lyon aux couloirs sinueux de l’Hôtel de Ville, jusqu’à son bureau, où, sur le pas de la porte, s’inscrit le nom du réalisateur. Malheureusement, c’est une porte que nous ne passerons pas, le réalisateur refusant de nous parler, ne souhaitant pas apparaitre dans « un magazine comme le nôtre ». Un sectarisme typique des communicants que Pariser charge pourtant à juste titre de très nombreux maux. Un « comme le nôtre » que nous serions nous-même incapables de définir mais qui semble justifier tous les dédains, tous les raccourcis, toutes les paresses intellectuelles. Pariser qui, selon ses mots, souhaitait faire de son film « une variation sur toutes les formes de la parole politique », en oublia une, ce qu’il répare à notre endroit : le silence au faciès.

Vous n’aurez donc pas le droit de le lire, parce que la démocratie dont se réclame Pariser s’applique exclusivement aux démocrates de gauche.

Pariser, qui s’inspire de Musil, qui admire son recul de penseur dénué de morgue en précisant que « le surplomb [l]’agace beaucoup », n’a en revanche aucun scrupule à piétiner le spectateur qui oserait nous lire. Lui qui s’inquiète pour notre démocratie et parce que cette « articulation penser-discuter-agir » est en crise, « une crise mortelle pour la démocratie », prouve une fois encore la difficulté de passer de la théorie à la pratique. Vous n’aurez donc pas le droit de le lire, parce que la démocratie dont se réclame Pariser s’applique exclusivement aux démocrates de gauche.

 

Arthur de Watrigant

 

 

ALICE ET LE MAIRE (1 H 43) de Nicolas Pariser  avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi en salle le 2 octobre

 

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