À partir de 1494, les rois de France, liés familialement à d’anciennes familles régnantes locales, prétendent successivement aux trônes de Naples et de Milan, lançant une série de conflits contre les autres puissances de la péninsule et l’Espagne. Si Naples ne sera jamais conquise plus de quelques mois, Louis XII parvient à s’installer solidement à Milan à partir de 1500.
Suite à cette conquête éclate en 1508 la quatrième guerre d’Italie, qui voit la France, l’Espagne et les États pontificaux se regrouper pour dépecer Venise. Dès l’ouverture des hostilités, les armées françaises volent de victoire en victoire, offrant à leur monarque l’essentiel des possessions continentales vénitiennes. Ces succès inquiètent leurs alliés, en particulier le pape Jules II, qui crée ainsi en 1511 une Sainte Ligue alliant contre la France presque toute l’Europe de l’Ouest, de l’Espagne à l’Angleterre en passant par le Saint-Empire et les puissances italiennes.
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Louis XII sait que le temps presse. Il doit vaincre les armées espagnoles et papales le plus vite possible en Italie du Nord, pour ensuite rapatrier ses forces de l’autre côté des Alpes, où un débarquement anglais ne saurait tarder. Gaston de Foix, le brillant général d’à peine vingt-deux ans qui prend alors les commandes des armées françaises dans le Milanais, traque la bataille décisive. Au printemps 1512, devant les murs de Ravenne, dernière ville papale de Romagne, il le sait, il la tient. La crédibilité de Jules II ne survivrait pas à sa prise. Ce dernier s’échine à convaincre ses alliés espagnols de joindre leurs forces aux siennes dans une armée de secours. Cette armée approche des forces françaises début avril. Foix, ravi, s’élance à leur rencontre. Au matin du 11, c’est le choc.
Mais, pour la première fois de l’histoire, ce choc est d’abord celui des canons. S’ils étaient utilisés en Europe depuis le début du XIVe siècle, c’était surtout pour déstabiliser les lignes ennemies avant l’assaut, via un bombardement éclair. À Ravenne, un duel d’artillerie s’engage sur plusieurs heures, qui choque les témoins par une brutalité inconnue jusqu’ici. Les Français en sortent vainqueurs, probablement pour avoir disposé leurs canons sur leurs deux ailes, prenant ainsi leurs adversaires dans des tirs croisés. La cavalerie espagnole se trouve alors acculée à une charge précipitée pour renverser le cours du combat. Celle-ci est vite brisée par les excellentes troupes montées françaises, qui menacent d’annihiler leurs rivales ibériques. Ces dernières se débandent vers leur infanterie, domaine où l’Espagne domine généralement. C’est en taillant en pièces ce dernier rempart ennemi que tombe le « Foudre d’Italie », Gaston de Foix, frappé d’une balle d’arquebuse. Décapitée, l’armée française renonce à poursuivre les vaincus. Tant attendue, la bataille décisive débouche sur une victoire à la Pyrrhus. Car déjà, les Anglais débarquent au Nord, et l’armée française doit se retirer du Milanais, qui retombe aux mains des Sforza. Le reconquérir sera l’affaire de l’autre grande bataille des guerres d’Italie, une certaine Marignan.





