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Carignon cherche les gnons

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Publié le

15 décembre 2019

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Il a osé ! Alain Carignon a baptisé l’association destinée à lui permettre de reconquérir la mairie de Grenoble « Grenoble Le Changement ! ». Avec le point d’exclamation de rigueur depuis qu’il a assuré le succès du candidat En Marche ! à la présidentielle. On sait bien que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures tambouilles, mais tout de même…

 

 

En 1983, Alain Carignon, ambitieux trentenaire RPR, emporte la mairie de Grenoble. C’est le début d’une ascension grandiose : propulsé député au Parlement européen l’an suivant, il va s’emparer du conseil général de l’Isère, puis devenir ministre, puis se faire élire à l’Assemblée nationale, puis ministre à nouveau, tout en pensant à plus haut encore.

La condamnation est lourde : cinq ans de prison (dont un avec sursis) – il fera vingt-neuf mois, record de France pour un homme politique – et autant d’inéligibilité.

D’autant plus rude est la chute, quand les Grenoblois découvrent que, dans l’exercice de ses fonctions, il s’est rendu coupable de corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins. La condamnation est lourde : cinq ans de prison (dont un avec sursis) – il fera vingt-neuf mois, record de France pour un homme politique – et autant d’inéligibilité. S’y ajoutera une autre affaire, et une autre condamnation.

 

Et le voilà de retour. Après avoir déjà obtenu l’investiture de LR pour les législatives de 2007 et figuré sur la liste aux municipales de 2014, il va faire son retour au conseil municipal en décembre grâce à d’opportunes démissions, dont celle de la secrétaire départementale de la fédération de LR (« Ces personnes ont souhaité que j’intervienne au vote du budget, car la situation de la ville est catastrophique », a-t-il expliqué, sans rire, au Monde), et conduire droit dans le mur la liste de LR aux municipales.

 

Lire aussi : Al Grenobla, ville aînée de l’Islam

 

« À Grenoble, la délinquance a pris le pouvoir », s’indignait-il en octobre dans Valeurs actuelles, en expliquant que, pour y mettre fin, il fallait « recréer l’éducation populaire, l’accès à la culture, à l’emploi qui ont disparu de ces quartiers et développer pour tous l’accès à tous les sports », sans préciser si les fédérations de boxe et de tir seraient appelées à apporter leur contribution. Et il attribuait l’existence de zones de non-droit au fait que ces « quartiers » sont en dessous du seuil de pauvreté. Zéro mention de l’immigration, zéro mention de l’islamisation, zéro mention de la simple restauration de l’ordre public.

Rien que pour voir ce qui résulterait de l’immersion d’un délinquant en col blanc au milieu de délinquants ordinaires, on a presque envie d’appeler à voter pour Carignon.

Mieux : il y exprimait son désir « d’installer les services municipaux et paramunicipaux, y compris le maire (sic), dans les HLM afin de réaliser une mixité d’usage des quartiers qui n’a jamais été réalisée dans les quartiers ». Rien que pour voir ce qui résulterait de l’immersion d’un délinquant en col blanc au milieu de délinquants ordinaires, on a presque envie d’appeler à voter pour Carignon.

 

 

Bruno Larebière

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