Un couple de néo-ruraux français s’est installé dans un petit village des Pyrénées pour changer de vie, se vouer à l’agriculture biologique et restaurer d’anciennes maisons en espérant participer à une inversion du mouvement de l’exode rural. Mais leur refus d’une implantation d’éoliennes contrarie fortement leurs voisins, deux frères autochtones, abrupts, teigneux, qui supportent mal ces étrangers vertueux et éduqués venus les emmerder avec leurs principes.
La haine va croître, comme les attaques, d’abord insidieuses puis de plus en plus violentes et concrètes, tout au long de ce thriller où le post-moderne rejoint l’archaïque au sein d’un rythme terrible, ample, hiératique, soutenu par une musique grandiose, entre tambours et dissonances. Ménochet est parfait, Zahera aussi, Sorogoyen mène son intrigue avec un art consommé du suspens, décrivant comme les lentes et inéluctables ondulations d’un serpent autour de sa proie, oppose à l’atmosphère sordide du village des plans de nature sublimes et offre au spectateur quelques scènes d’une intensité inoubliable. Du très grand art.
As bestas (2h14), de Rodrigo Sorogoyen, avec Marina Foïs, Denis Ménochet, Luis Zahera, en salles le 20 juillet





