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Crise migratoire en Italie : à quoi joue Giorgia Meloni ?

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Publié le

5 mai 2023

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Le 22 octobre 2022, Giorgia Meloni était élue présidente du Conseil des ministres italien sur la promesse de faire drastiquement baisser l’immigration dans toute la botte. Une promesse non tenue pour le moment. Pire : la situation semble même s’aggraver.
meloni

L’Italie traverse actuellement une crise migratoire de grande ampleur. Si bien que Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres fraîchement élue après avoir axé sa campagne sur la lutte contre l’immigration, a dû se résoudre à mettre en place l’état d’urgence dans son pays. En effet, le nombre des migrants y a récemment atteint des records. Depuis le début de l’année, ce sont plus de 42 000 migrants qui ont foulé le sol italien, soit quatre fois plus que pendant toute l’année 2022, ce qui pulvérise les limites acceptables pour les îles en première ligne qui les accueillent. Par exemple, la petite Lampedusa, tristement célèbre pour les centaines de cadavres de migrants qui s’y sont échoués en 2013, a une capacité d’accueil d’environ 200 places et est actuellement surchargée avec presque 2000 individus. Quand on sait que l’île compte environ 6300 habitants, ce nombre devient tout simplement colossal. L’état d’urgence a donc été promulgué pendant 6 mois avec un commissaire nommé spécialement pour gérer le dossier migratoire. Ce commissaire aura, en collaboration avec la Croix-Rouge, la responsabilité de désengorger les centres d’accueil avec à son libre accès, des avions et des ferries pour répartir les migrants dans différentes régions. Il sera également en mesure d’acheter ou de louer des immeubles pour accueillir tout ce beau monde.

Lire aussi : À Paris, Riski Sunak renoue avec l’Europe

Contrairement aux promesses qui l’ont faite élire, Giorgia Meloni a proclamé vouloir orienter son combat migratoire contre les passeurs ainsi que l’immigration illégale tout en simplifiant les procédures de régularisation des migrants derrière le comptoir pour, par la suite, les répartir par centaines dans tout le pays. De plus, elle avait promis un blocus naval aux frontières italiennes qui a été complètement abandonné. Une incompréhension générale s’est donc installée, voire un sentiment de trahison pour certains. De nombreux médias, de droite comme de gauche, parlent d’un virage à 180 degrés pour la Première ministre italienne qui subit de plein fouet ce qu’elle a juré combattre. Selon certains, il existe cependant une explication plus que logique qui expliquerait ce revirement. En effet, on peut constater que l’Italie est dans une situation économique catastrophique et en ce sens, le gouvernement Italien ne peut pas se permettre de se mettre à dos les instances Européennes pro-immigration. Selon Damien Rieu, cadre chez Reconquête! : « Les attaques envers Meloni me semblent prématurées ou injustes. L’Italie étant dans une situation économique très difficile, elle ne veut pas se fâcher avec l’Europe avant d’avoir touché ses milliards du covid, De plus, Salvini avait été condamné pour avoir agi trop fermement contre l’immigration. Meloni ne peut pas se permettre, dans de telles circonstances, de prendre des décisions jugées anticonstitutionnelles ».

Alors que ceux qui se sentent trahis et ceux qui défendent Meloni se font face, Gérald Darmanin a décidé de rajouter son grain de sel, se moquant de la situation tout en en profitant pour tacler Marine Le Pen : « Madame Meloni, à la tête d’un gouvernement d’extrême droite choisi par les amis de Le Pen, est incapable de régler les problèmes migratoires sur lesquels elle a été élue ». Il ajoute : « Meloni, c’est comme Le Pen, elle se fait élire sur “vous allez voir ce que vous allez voir” et puis ce qu’on voit c’est que l’immigration ne s’arrête pas et s’amplifie ». Le ministre de l’Intérieur français a d’ailleurs constaté des afflux de migrants dans le sud de la France, et accuse donc le voisin italien d’être responsable.

On sait que Giorgia Meloni entretient de bons rapports avec Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne pro-immigration

On sait que Giorgia Meloni entretient de bons rapports avec Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne pro-immigration. Pour certains, cela est une preuve suffisante de sa culpabilité. On sait également que lors d’une rencontre avec son homologue britannique Rishi Sunak, la Première ministre italienne lui a confié : « La lutte contre les passeurs et l’immigration clandestine est une chose que votre gouvernement fait très bien ». Cette phrase sonne comme une fausse note lorsque l’on sait que le Royaume-Unis est l’un des pays les plus remplacés du monde avec une population blanche qui peine à atteindre les 50% à Londres par exemple. Pour le moment, Giorgia Meloni refuse de répondre ou de préciser sa position. Cela nous laisse une question : quel est le rôle de la blonde dame dans cette divine comédie ?

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