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François signe la trêve du Vatican

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Publié le

1 mars 2020

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L’acquittement par la cour d’appel de Lyon du cardinal Philippe Barbarin a été suivi, coïncidence du calendrier, d’un coup d’arrêt ou plutôt d’une esquive portée aux expérimentations synodales en Amazonie. Ces deux événements pourraient constituer l’épilogue d’une grave crise de l’Église de France et du pontificat du Pape François.

 

 

 

Les progressistes, qui n’étaient pourtant pas exempts de tout reproche quant à l’effondrement moral de l’Église ces dernières décennies, ont profité des scandales et du torrent de boue qui s’est déversé de l’intérieur même du Vatican pour faire avancer leurs obsessions. La fin du célibat des prêtres, ouverte par la brèche amazonienne, devait être in fine la solution aux scandales pédophiles et à la crise des vocations en Europe. C’est en banalisant le statut des prêtres que les jeunes catholiques auraient de nouveau été attirés par le sacerdoce. Un rapide regard sur l’état des communautés luthériennes et réformées, ou sur les difficultés à recruter des diacres permanents mariés, suffit pourtant à écarter cette hypothèse alambiquée. Le but était de donner à l’Église catholique un visage conforme au regard protestant, une église sans prêtres. Le cardinal Hummes, dont on dit qu’il a fait l’élection de François, aurait fait diffuser les 13 et 29 janvier un document de travail comprenant le fameux paragraphe 111, repris du synode amazonien et finalement absent de l’exhortation apostolique.

« Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, de rencontres, de réceptions, de conférences, etc. Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle auprès du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste pour ainsi dire, dans l’enceinte de Saint Pierre. Saint Benoît, dont je porte le nom comme Pape, me sera d’un grand exemple en cela ».

Le livre à quatre mains du pape émérite Benoît XVI et du cardinal Robert Sarah, Des profondeurs de nos cœurs, publié fin janvier, semble donc avoir marqué les esprits, y compris celui du pape François. Il a fait enrager les progressistes. Beaucoup espéraient ne plus jamais entendre parler de Benoît XVI. Ce dernier, dans une audience générale du 27 février 2013, avait pourtant prévenu : « Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, de rencontres, de réceptions, de conférences, etc. Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle auprès du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste pour ainsi dire, dans l’enceinte de Saint Pierre. Saint Benoît, dont je porte le nom comme Pape, me sera d’un grand exemple en cela ».

Sommes-nous à l’aube d’un virage à la Pie IX conforme aux fantasmes de Frédéric Martel, Nicolas Senèze et leurs acolytes ? Ce pape italien du milieu du XIXe siècle avait inauguré son règne par des orientations libérales avant de finir son pontificat par un retour très net à la tradition de l’Église.

Après sept ans de petites phrases plus iconoclastes les unes que les autres, le pape argentin a-t-il réalisé que le cocotier a été suffisamment secoué et que l’Église romaine a désormais besoin de protéger des fondations très fragilisées depuis les années 60 ? Sommes-nous à l’aube d’un virage à la Pie IX conforme aux fantasmes de Frédéric Martel, Nicolas Senèze et leurs acolytes ? Ce pape italien du milieu du XIXe siècle avait inauguré son règne par des orientations libérales avant de finir son pontificat par un retour très net à la tradition de l’Église. C’est tout à fait improbable.

Pour sauver la chrétienté dans les années à venir, il faudra un François II doté du charisme prophétique du jeune Jean-Paul II, de la solidité spirituelle de Benoît XVI et du souci des pauvres de François.

Il serait toutefois insensé de se contenter du statu quo actuel. Il reste encore aux catholiques à redonner au siège de Pierre son autorité et sa force. Et cela ne passera pas par des déclarations à l’emporte-pièce ou des formules sibyllines. Pour sauver la chrétienté dans les années à venir, il faudra un François II doté du charisme prophétique du jeune Jean-Paul II, de la solidité spirituelle de Benoît XVI et du souci des pauvres de François.

 

 

Hadrien Desuin

 

 

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