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« Guérie » : miracle et bistouri

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Publié le

18 juin 2026

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Avec « Guérie : comment Jésus a sauvé ma fille » (Première Partie), Daniele Corbiserio raconte avec simplicité, humour et amour le combat médical de sa fille Claudia face à une rupture d’anévrisme. Une guérison inespérée au parfum de miracle.
© Première Partie

C’est l’histoire de Claudia. Une miraculée. Claudia est aussi la directrice artistique de L’Incorrect. Elle est jeune, les cheveux de Muphasa quand elle est surprise par une averse, un nom italien malgré une peau de norvégienne et une croix tatouée orne le creux entre son pouce et son index. Elle a débarqué un jour sans crier gare, dans une rédaction très masculine, sceptique à l’égard de l’Édit de Nantes, avec un rédacteur en chef culture qui serait de centre gauche sous Saint Louis. Claudia est évangélique. Elle vient de Mulhouse. L’été elle part dans les confins de l’Afrique causer de Jésus. Entre deux maquettes et Céline Dion, elle nous rappelle que Jésus l’a sauvée.

Dans Guérie : comment Jésus a sauvé ma fille publié chez Première Partie, sa mère Danièle nous raconte ce miracle. Tout commence un samedi matin : « Maman, t’as pas vu mes écouteurs ? » La banalité juste avant la catastrophe. Les tragédies antiques commencent avec des oracles ; les tragédies familiales, elles, commencent avec des écouteurs introuvables, un café avalé trop vite et une mère qui accompagne sa fille au lycée. Quelques heures plus tard, Claudia s’effondre. Violents maux de tête, vomissements, malaise. Rupture d’anévrisme. Claudia a quinze ans. Le cerveau comprimé par le sang, les urgences, le SAMU, l’hélicoptère, Strasbourg, le coma. Cette fois, Claudia ne parle plus de Jésus. Ce sont les autres qui parlent à Jésus pour elle. Danièle Corbisiero raconte comme une mère veille : sans dormir vraiment, sans se plaindre longtemps, en regardant tous les détails. Les souvenirs remontent et défilent. Elle voit les couloirs, les blouses, les machines, le visage de son mari qui se défait, les médecins qui avancent avec prudence, l’attente qui étire les minutes jusqu’à les rendre presque obscènes. Infirmière de profession, elle connaît l’hôpital. Mais là, elle n’est plus du bon côté de la barrière.

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Alors un monde se lève, la porte, les porte. Sa famille, ses frères, ses amis, son Église. Des protestants, des catholiques, des évangéliques, des gens qui ne se seraient peut-être jamais retrouvés dans la même salle paroissiale mais qui, soudain, prient pour la même jeune fille. Ici la foi s’entremêle avec la médecine et la technique. Dieu ne remplace pas les chirurgiens, il est avec eux. Il guide la main qui pose un drain, ajuste le regard face à une radio et accompagne les décisions vitales. Les modernes appelleront cela la chance. Les Corbisiero appellent cela la grâce. La chance, elle, n’organise pas des chaînes de prière jusqu’en Australie. Une armée invisible se dresse autour d’un lit d’hôpital. Des mains jointes partout, des messages envoyés, des inconnus qui apprennent son prénom et le portent dans leurs prières. À notre époque qui croit avoir inventé le réseau social, on redécouvre que le vrai réseau, c’est peut-être cela : des vivants qui supplient le Ciel pour une enfant qu’ils n’ont parfois jamais rencontrée.

Puis Claudia se réveille. Elle bouge, elle reconnaît, elle se souvient de son mot de passe. À l’heure du numérique, voilà donc un signe neurologique et théologique : si une adolescente retrouve son code de téléphone, c’est que la vie a repris ses droits. Chaque page tournée dessine des petites victoires. Se lever. Manger. Marcher. Et les visages sont là pour l’aider. Encadrés sur ta table de nuit au cas où la petite Claudia aurait oublié. Les épreuves s’enchaînent. Revenir à la vie n’est qu’un début. Il y a encore les examens, les résidus d’anévrisme, les rayons Gamma à Marseille et les années d’attente, la peur logée quelque part dans le crâne, cette peur particulière des blessures invisibles. Quand le danger est dans le cerveau, on vit avec un ennemi qu’on ne voit pas. Claudia, elle, avance quand même. Bien plus que le récit d’une guérison au parfum de miracle, ce petit livre par la taille mais grand par ce qu’il nous conte, offre le portrait d’une famille devant l’abîme. Le portrait d’une mère qui refuse de lâcher sa fille du regard, le portrait d’une Foi qui réellement déplace des montagnes. Chacun porte sa croix dit-on. Claudia, elle, la porte comme une cicatrice lumineuse.

Guérie : comment Jésus a sauvé ma fille, Daniele Corbiserio, Première Partie, 10 €

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