Christopher Rufo est devenu un acteur central du débat public américain en alertant sur la prolifération de la « théorie critique de la race » dans les écoles. Son premier essai se penche sur les racines de la vague woke qui a conquis les grandes entreprises et les institutions publiques. Le journaliste et militant pointe du doigt une gauche qui a renié l’idéal de révolution prolétarienne pour transformer la société par le haut, à travers les universités, les corporations et les programmes EDI (équité, diversité, inclusion). L’ouvrage fait le portrait de quatre penseurs influents de cette nouvelle gauche : Herbert Marcuse, Angela Davis, Paulo Freire et Derrick Bell. Au cœur de leur programme, la subversion des institutions pour en faire des organes diffusant leur idéologie et finançant leur militantisme.
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Cet objectif, largement accompli, atteint ses limites dans la mesure où il ne promeut que la négation radicale de l’histoire et de l’identité américaines, sans idéal positif pour ceux qu’il prétend défendre. Ainsi, la « pédagogie des opprimés » forme des casseurs analphabètes, EDI donne bonne conscience aux grandes entreprises et la « théorie critique de la race » n’a fait qu’empirer les relations inter-ethniques. En réponse, l’auteur en appelle à une contre-révolution du bon sens, qui rétablirait les principes fondateurs du pays. Un ouvrage fouillé et réfléchi, sans nul doute l’un des meilleurs sur le wokisme.

AMERICA’S CULTURAL REVOLUTION, CHRISTOPHER RUFO, Broadside Books, 352 p., 27 €





