Professeur d’études religieuses à l’Université d’Aberdeen, Carl Trueman a beaucoup fait parler en 2020 avec The Rise and Triumph of the Modern Self, un ouvrage extrêmement documenté qui faisait la généalogie de ce qu’il appelle « l’individualisme expressif » à travers les grands penseurs de la modernité. Pourfendeur d’une culture subjectiviste où le Moi l’emporte sur les commandements extérieurs, il revient à la charge en ce début d’année avec Crisis of Confidence, un plaidoyer pour une vision kantienne de l’authenticité, qui repose sur un credo et une foi dépassant l’individu. Trueman critique donc les nombreux dérivés du protestantisme qui pullulent aux États-Unis, et qui conduisent à un certain individualisme religieux sans grande différence avec celui des hédonistes athées. L’auteur rappelle au contraire que la foi doit unir l’Homme au monde et à des vérités plus grandes que lui, ce qu’empêche l’inversion hiérarchique opérée par la Réforme contre le clergé.
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Cependant, alors que ses constats aboutiraient logiquement au catholicisme, Trueman plaide plutôt pour une forme de « protestantisme confessionnel », qu’il pratique lui-même, laquelle intègre des éléments hiérarchiques à la foi protestante. Si cette conclusion lui est personnelle, l’ouvrage demeure une réflexion stimulante sur la foi comme réponse aux excès de l’individualisme contemporain, dont Trueman s’est imposé comme l’un des penseurs incontournables ces dernières années.






