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Éditorialiste au Figaro, Ivan Rioufol publie Les Traîtres, dans lequel il règle son compte à la macronie et plus généralement à la bien-pensance. Tir à vue sur les ennemis de la France !
Qui sont les traîtres dont vous parlez ?
Ce sont tous ceux qui, depuis plus de quarante ans, ont trompé les Français en abusant de leur vote, de leur confiance, de leur naïveté. Ce sont ces gens de pouvoir qui se sont progressivement détachés de la France profonde et de ses inquiétudes, pour ne s’intéresser qu’aux peuples exotiques et à leurs plaintes, au nom de la mondialisation et de ses nouveaux horizons. Ces traîtres se trouvent dans la politique bien sûr, mais aussi dans le monde médiatique qui s’est rangé du côté de la pensée dominante. La plupart des intellectuels ont également participé au grand abandon du peuple et de sa nation, en cautionnant une vision post-nationale et universaliste et en rendant suspect le moindre sentiment patriotique. Emmanuel Macron est le produit le plus abouti de ce monde de renégats. C’est lui qui déclare à Lyon, le 4 février 2017 : « Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France, elle est diverse ». Je pourrais vous ressortir d’autres déclarations du même tonneau. Pour ces « élites », les indigènes ont fait leur temps. Ce sont ces traîtres français, qui portent des prénoms français, qui sont les vrais ennemis de l’intérieur, bien davantage que les islamistes qui veulent promouvoir leur charia dans le vide identitaire et culturel laissé par les maltraitants de la nation.
Emmanuel Macron a été parmi les plus déchaînés, parlant de « foule haineuse » après avoir mis en garde contre « la lèpre qui monte », à propos du réveil populiste en Europe. Cette détestation a été pour moi l’expression d’une oligarchie incapable de dissimuler sa répugnance pour le peuple d’en bas.
Pourquoi avez-vous soutenu à ce point les Gilets jaunes ?
J’ai été indigné de la manière dont les Gilets jaunes des premières semaines ont été insultés par le monde politique et médiatique. Au prétexte que ces gens modestes, venus de la vieille France rurale et périphérique, osaient se plaindre de leur sort, leurs procureurs parisiens ont immédiatement accusé ces « ploucs » des pires suspicions racistes, antisémites, homophobes ou nationalistes. Emmanuel Macron a été parmi les plus déchaînés, parlant de « foule haineuse » après avoir mis en garde contre « la lèpre qui monte », à propos du réveil populiste en Europe. Cette détestation a été pour moi l’expression d’une oligarchie incapable de dissimuler sa répugnance pour le peuple d’en bas. J’ai vu son abandon comme la marque la plus éclatante de la nouvelle trahison des clercs.
Si la gauche a tenté depuis de récupérer le mouvement, en le dénaturant dans la violence, je n’oublie pas les tombereaux d’insanités déversés initialement par les « progressistes », dont les syndicats CGT et CFDT.
Pour avoir participé à de nombreuses manifestations parisiennes, je témoigne n’avoir rencontré pour l’essentiel que des hommes et des femmes sympathiques, attachés à leur pays et à son histoire qui ne demandaient qu’une chose : être pris en considération par une caste mondialiste ayant décrété que les Français de France devaient la boucler et céder la place, au nom de la diversité et des droits de l’homme. Si la gauche a tenté depuis de récupérer le mouvement, en le dénaturant dans la violence, je n’oublie pas les tombereaux d’insanités déversés initialement par les « progressistes », dont les syndicats CGT et CFDT.
Les traîtres sont ceux qui se sont détournés de la vie des gens pour se réfugier dans des constructions intellectuelles et des théories prétendument humanistes mais imperméables aux souffrances des plus vulnérables.
Vous liez l’idéologie de la diversité, que vous appelez le diversitisme, au catastrophisme, pouvez-vous expliquer le lien ?
La catastrophe est tout entière dans l’idéologie, cette pensée systémique qui n’entend pas se plier aux réalités et ignore les protestations. Les traîtres sont ceux qui se sont détournés de la vie des gens pour se réfugier dans des constructions intellectuelles et des théories prétendument humanistes mais imperméables aux souffrances des plus vulnérables. Les désastres qui accablent la France (la déculturation, la fragmentation, l’insécurité, etc.) sont les fruits de dogmatismes imperméables aux faits. En ce sens, la révolte des Gilets jaunes a été le premier mouvement de masse antimondialisation. Il a, paradoxalement, une vocation universelle. Les protestataires rappellent que la politique doit redescendre sur terre et redécouvrir l’empathie.
S’agissant de la justice, les liens qui unissent le parquet à la Chancellerie et donc au pouvoir exécutif ont toujours été ceux d’une dépendance. En octobre 2018, c’est Macron qui a lui-même récusé trois candidats au poste de procureur de la République de Paris, en dépit des usages.
Vous montrez les liens entre politique et justice, mais ces liens n’ont-ils pas toujours existé ? Si, bien sûr !
Mais quand j’entends Macron critiquer les États « illibéraux » d’Europe de l’Est en dénonçant notamment une justice dépendante du pouvoir ou une presse sous surveillance, je me dis que le président ferait mieux de s’appliquer les leçons qu’il donne aux autres « démocratures ». Il y aurait beaucoup à dire sur la liberté d’expression en France, de plus en plus visée par des lois multipliant les délits d’opinion, au prétexte de lutter contre « la haine » ou les « fake news ». S’agissant de la justice, les liens qui unissent le parquet à la Chancellerie et donc au pouvoir exécutif ont toujours été ceux d’une dépendance. En octobre 2018, c’est Macron qui a lui-même récusé trois candidats au poste de procureur de la République de Paris, en dépit des usages. Le poids de l’État est devenu tel sur la justice et sur l’opinion que je parle volontiers dans mon livre de « macrocrature ».
Lire aussi : Les Traîtres
Macron semble autant effrayé par le peuple qu’il le méprise : comment expliquez-vous cette attitude pour le moins paradoxale ?
Macron est le produit de la culture universaliste et des urbains cosmopolites, pour qui la terre est plate, sans aspérités, et l’homme indifférencié, remplaçable. Sa vision postnationale et son rejet du populisme l’amènent à mépriser à la fois la nation et le peuple. Les Français oubliés ont bien mesuré ce dédain qui a attisé leur colère en novembre 2018. Cette colère n’a pas disparu. Elle se concentre aujourd’hui sur la personnalité du chef de l’État, qui a toutes les raisons en effet de s’effrayer d’une rue éruptive. Mais qui est le pyromane, sinon Macron, ce nouveau Néron ? Il ne cesse de jouer avec les allumettes dans un pays inflammable.
Ils sont parfois les collaborateurs des islamo-fascistes, comme cette gauche perdue qui a défilé le 10 novembre auprès d’islamistes hurlant « Allah Akbar » dans les rues de Paris, non loin de Charlie Hebdo et du Bataclan.
Comment définiriez-vous le traître, dans la mesure où ceux que vous désignez comme tels ne s’envisagent pas ainsi ?
Eux, ils s’adorent ! Ils sont dans le camp du Bien ! Mais ils sont traîtres dans le regard de ceux qui se sentent trahis. Ils sont les maltraitants d’un peuple poussé au suicide culturel. Ils sont parfois les collaborateurs des islamo-fascistes, comme cette gauche perdue qui a défilé le 10 novembre auprès d’islamistes hurlant « Allah Akbar » dans les rues de Paris, non loin de Charlie Hebdo et du Bataclan. Ces traîtres mériteraient d’en répondre devant la justice, pour haute trahison, non-assistance à peuple en danger, tromperie, que sais-je.
Ils ont abandonné la France pour flatter les nouvelles minorités, au nom de l’ouverture à l’Autre et de la repentance. Les lâches sont ceux qui les ont suivis, par confort intellectuel ou somnambulisme. Tous sont méprisables.
Les politiques que vous accusez de trahison ne sont-ils pas plus lâches que traîtres ?
Ils sont devenus traîtres, selon moi, à force de détester leur propre pays, coupable de tout. Ils ont renié la France millénaire, sa mémoire, sa culture, son identité, en croyant être dans la modernité. Ils ont abandonné la France pour flatter les nouvelles minorités, au nom de l’ouverture à l’Autre et de la repentance. Les lâches sont ceux qui les ont suivis, par confort intellectuel ou somnambulisme. Tous sont méprisables.
Les premiers Gilets jaunes n’avaient pas de slogans, mais ils ont fait comprendre, par leur seule présence sous le gilet d’alerte de la sécurité routière, qu’il fallait désormais ouvrir les yeux sur ce peuple debout, qui réclame la démocratisation de la démocratie.
Vous parlez de Révolution des œillères, quelle est-elle ?
J’ai nommé ainsi le besoin de vérité et le rejet des mensonges. Cette révolution est celle du peuple lucide, qui a décidé de se libérer des œillères de l’idéologie. Les premiers Gilets jaunes n’avaient pas de slogans, mais ils ont fait comprendre, par leur seule présence sous le gilet d’alerte de la sécurité routière, qu’il fallait désormais ouvrir les yeux sur ce peuple debout, qui réclame la démocratisation de la démocratie.
Il est temps que de nouvelles élites, qui restent indispensables, prennent la relève et acceptent, avec toutes les bonnes volontés, de reconstruire ce qui peut l’être encore de la France abîmée.
S’il y a des traîtres, quels sont ceux qui s’y opposent ?
Les révoltés, c’est-à-dire tous ceux qui ont perdu confiance dans la politique et les médias, et cela fait du monde. Il est temps que de nouvelles élites, qui restent indispensables, prennent la relève et acceptent, avec toutes les bonnes volontés, de reconstruire ce qui peut l’être encore de la France abîmée.
Propos recueillis par Rémi Lélian
LES TRAÎTRES Ivan Rioufol Pierre-Guillaume de Roux 180 p. – 18 €

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