Skip to content

Jacomet : Hugo, le boss

Par

Publié le

8 juillet 2025

Partage

C’est par une nuit de janvier 2009, aux environs de 3h du matin qu’un conseiller en communication et événementiel du nom d’Hugo Jacomet créait un blog pour évoquer sa passion des costumes sur mesure. Son nom ? Parisian Gentleman. C’était sans se douter à quel point cela allait changer à la fois sa vie, et celle de milliers d’autres personnes.
© Hugo Jacomet

Comment vous est venue l’idée de lancer votre blog Parisian Gentleman ?

Je m’habillais sur mesure pour mon plaisir, rien de professionnel là-dedans, et je voulais partager cette histoire. J’ai fait ça entre 3 et 5h du matin, parce que quand on est très très occupé, on dort moins que les autres. Comme disait mon grand-père : « Si tu veux que quelque chose soit fait en temps et en heure, donne-le à quelqu’un de très occupé. »

Vous attendiez-vous à ce succès ?

C’est complètement fortuit. Je n’ai découvert mon succès qu’au bout de six mois, en tapant le nom du blog dans Google. Je tombe sur un article de WordPress qui expliquait que Parisian Gentleman avait la plus forte croissance en culture et art de vivre. Ça a radicalement changé ma vie de façon totalement fortuite, mais c’est aussi ma manière de vivre. Je suis chrétien, donc j’ai relativement peu d’angoisses existentielles pour le futur, voire pas du tout. J’ai pris comme un don du ciel l’explosion du blog, et j’ai décidé d’y consacrer ma vie sans une seconde d’hésitation.

Pensez-vous que le succès de Parisian Gentleman a donné lieu un nouveau mouvement ?

Je pense que la lame de fond est à mi-chemin, mais vraiment en train de venir. Quand j’ai commencé, j’avais l’impression de plaider dans un stade vide, tout seul en costume-cravate, face à des hordes de types en tee-shirts et claquettes. Puis petit à petit, la salle s’est remplie. Pour donner un exemple, en octobre dernier, j’ai eu l’idée d’ouvrir le style sartorial à la jeunesse, aux étudiants, à ceux qui n’ont pas les moyens d’aller chez le tailleur ou en demi-mesure. On a travaillé avec de grandes marques de tissu et avec Blandin & Delloye, en pensant vendre 200 ou 300 costumes, on en a vendu 2 000 ! Et sur ces 2 000, 1 731 personnes ont fait le premier costume de leur vie ! Quelques mois plus tard, on a refait la même opération avec les souliers, permettant à 1 400 personnes d’avoir accès à des souliers en cuir pour la première fois de leur vie ! Parce que c’est une génération qui n’avait pour la plupart jamais eu l’occasion de mettre le pied dans un soulier en cuir !

Lire aussi : Georges Bensoussan : « On peut craindre une “villepinisation” des esprits »

Et au-delà du style masculin, il s’agit d’un mouvement qui associe ça à une reprise en main de leur identité, de leur style et de leur mode de vie. Aujourd’hui, tout est en train de s’égarer dans tous les sens. J’ai l’impression que Parisian Gentleman est l’un des porte-étendards d’une génération qui n’a pas envie de perdre sa culture et qui veut retrouver goût à des choses perdues, comme la beauté. La beauté transcende les opinions politiques, transcende tout. C’est une forme de transcendance qui est pour moi divine. Et même les athées peuvent toucher du doigt la transcendance par la beauté. La manière de se vêtir fait partie de cette transcendance.

Il y a quelques années, La France Insoumise refusait de porter des cravates à l’Assemblée nationale, arguant qu’arriver débraillé était une façon de représenter le peuple. Qu’en pensez-vous ?

C’est une insulte à la face des gens, littéralement. Certes, le costume du dimanche à tendance à s’estomper, les gens allant moins à la messe. Ce qui prouve que tout est lié : cet affaissement, et celui de la chrétienté. Mais au sujet de la cravate, je pense que tout n’est pas égal à tout. Il y a des moments dans la vie où l’on fait un effort vestimentaire. Ce qui ne veut pas forcément dire « costume cravate », ça peut être un joli polo avec des baskets cirées, mais j’aime cette notion de faire la différence entre des occasions de la vie. Il y a des moments où il est nécessaire de faire des efforts. Et que veut dire faire des efforts ? Témoigner de l’affection, du respect, de l’admiration. Quand on s’habille pour le mariage d’un ami, on veut lui montrer qu’on a fait un effort parce qu’on l’aime, tout simplement.

À l’heure où la fast-fashion domine, et où l’on nous parle pourtant sans arrêt de décroissance, le fait de se faire faire un costume sur mesure n’est-il pas le geste le plus écologiste possible ?

C’est une façon de voir les choses. On ne va pas revenir sur la fast-fashion, ce n’est pas ma spécialité, mais c’est une catastrophe. Je ne suis pas un écologiste radical, mais comme tout le monde, je fais gaffe. Mais on voit très bien cette catastrophe environnementale et intellectuelle. Il n’y a plus aucun effort mental des gens sur leur façon de s’habiller et de se présenter à autrui. Nous, on est l’inverse de cela. Nous voulons reprendre la main. On s’affranchit des diktats des designers et on réfléchit à ce que l’on a. Et on veut prendre notre temps, par rapport à la fast-fashion. La grande partie est faite sur place, dans l’atelier ; et en demi-mesure, cela reste en Europe : Italie, Portugal, Roumanie, avec une empreinte carbone moindre. Et pour un costume de grande mesure, si vous changez de morphologie, ils peuvent le réajuster ; si vous le passez à vos enfants, ils pourront le faire retailler.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest