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Jacques Bompard et La Provence à Orange, Robert Ménard et Midi libre à Béziers, Gilles Bourdouleix et Ouest-France à Cholet, Xavier Bertrand et Le Courrier picard à Saint-Quentin… On pourrait multiplier les exemples : les relations entre les élus locaux et la presse locale sont loin d’être un long fleuve tranquille. Pourtant, les premiers ont besoin des seconds, tout autant que les seconds ont besoin des premiers.
Pour une rédaction locale, se mettre à dos le maire d’une commune, c’est se priver d’une grande part d’information. Travaux, compte rendu du conseil municipal, programme des animations, etc : autant d’informations indispensables à la satisfaction du lecteur, donc aux ventes. « On arrive toujours à avoir les infos, en passant par d’autres canaux, mais c’est très compliqué de travailler sans la mairie », nous confirmait un journaliste choletais après avoir été « blacklisté » par l’équipe municipale.
« L’idée, c’est de mettre la pression à l’agence locale pour qu’elle couvre le mieux possible l’action municipale »
L’inverse est tout aussi vrai. Certes, le maire a toujours son journal municipal, mais le poids acquis par Le Journal de Béziers est une exception et rien ne remplace le quotidien local. Pour un maire, celui-ci est le principal relais de son action. Se fâcher avec le localier ou avec la rédaction départementale, c’est se couper d’un nombre certain de lecteurs, qui sont aussi des électeurs. « Mon quotidien avec la presse, c’est sourires et engueulades… », nous explique un chargé de communication municipal. « L’idée, c’est de mettre la pression à l’agence locale pour qu’elle couvre le mieux possible l’action municipale ». Est-ce que ça fonctionne ? « Pas réellement, mais ça fait partie du jeu ».
« Pourquoi une victoire du FN nous inquiète », avait même titré La Voix du Nord moins d’une semaine avant les élections régionales.
En 2015, Nice Matin en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou La Voix du Nord dans les Hauts-de-France avaient pris position contre Marion Maréchal Le Pen et Marine Le Pen. « Pourquoi une victoire du FN nous inquiète », avait même titré La Voix du Nord moins d’une semaine avant les élections régionales. Ni l’une ni l’autre ne l’a emporté. C’est dommage. Il aurait été intéressant de mesurer le poids des convictions de ces deux titres à l’aune des budgets de communication des conseils régionaux.
Blanche Sanlehenne
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