Est-ce vraiment si grave d’être endetté ?
Tout dépend du niveau d’endettement. En 1976 déjà, Raymond Barre expliquait que la France vivait au-dessus de ses moyens. À l’époque, la dette publique représentait 15 à 20 % du PIB. Aujourd’hui, elle atteint plus de 3 400 milliards d’euros, soit environ sept fois plus en proportion.
Il faudrait plus d’une année entière de travail de tous les Français pour rembourser cette dette. Le problème n’est pas seulement théorique : cette année, le seul montant des intérêts de la dette est supérieur au budget du ministère des Armées. Et la situation va s’aggraver : avant la fin de la décennie, nous dépasserons les 100 milliards d’euros d’intérêts par an. Cet argent consacré au remboursement est autant d’argent qui ne va ni à l’école, ni à l’hôpital, ni aux services publics.
Peut-on réellement dégraisser le mammouth ?
Oui, c’est possible. La France s’est dotée d’une multitude d’agences et de structures qui se superposent et font parfois exactement le même travail. Entre commissions consultatives, autorités indépendantes, opérateurs et agences, l’État empile les structures qui se recouvrent, se contredisent parfois… et finissent par se marcher sur les pieds, avec une grosse facture à la clé. Le problème n’est pas technique mais politique : ce qui manque, c’est la volonté et le courage d’affronter ces structures. Tant qu’on n’osera pas réduire le périmètre de l’État, rien ne changera.
L’État est-il réformable de l’intérieur ?
Oui et non. La très haute fonction publique, celle qui détient réellement les rênes du pouvoir, se retrouve très bien dans cette organisation labyrinthique. En revanche, de nombreux agents publics de terrain veulent des réformes. Ils ont le sentiment de ne pas être écoutés, de subir une hiérarchie trop verticale et le syndrome du petit chef. Ils réclament davantage d’autonomie, de responsabilités et une reconnaissance réelle de leur mérite et de leur travail.
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Privatiser le service public, ça nous rapporterait combien ?
L’économie serait de 4 milliards d’euros par an. Mais il n’y a pas que des mauvaises choses sur le service public…
Les élus vivent-ils comme des nababs ?
Pas tous, loin de là. Le livre rappelle que beaucoup de mandats locaux, surtout dans les petites communes, sont faiblement indemnisés. Et ce qui coûte cher, ce n’est pas tant les élus que leurs mauvaises décisions.
En quoi les normes étouffent-elles l’économie française ?
La France cumule aujourd’hui un déficit public et un déficit commercial. Fait inédit, même l’agriculture est devenue déficitaire, alors qu’elle est un pilier historique de notre économie. L’une des causes majeures tient à notre excès de normes. Les règles européennes sont déjà lourdes, mais la France est souvent plus royaliste que le roi : sur une directive européenne sur quatre, nous renforçons encore l’aspect normatif, ajoutant des contraintes supplémentaires à nos entreprises, ce qui pénalise leur compétitivité.
Une économie à faire en un claquement de doigts ?
Fermer le Conseil économique social et environnemental (CESE). Une économie de 45 millions par an. Ce n’est pas énorme mais cela soulage.





