Avec ce nouvel opus de sa série Jeunesse consacrée aux jeunes employés des ateliers textiles chinois, Wang Bing prouve qu’un documentaire de cinéma peut être avant tout une histoire de formalisme. En présentant tour à tour les différents protagonistes de ces minuscules ateliers, insalubres et sans fenêtre, le cinéaste utilise toujours la même échelle de plan et se tient à distance de ses personnages. Autant de tableaux vivants qui rendent parfaitement la claustration et qui, en l’absence de toute voix off, montrent ce qu’il faut comprendre.
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On saisit alors peu à peu comment ces communautés ouvrières reproduisent de façon inconsciente le même système de castes qu’elles ont connu à la campagne. Si la durée de ses films est nécessaire, c’est que Wang Bing cherche à nous faire vivre, juste par le montage et la mise en scène, les logiques délétères qui enferment ce néo-prolétariat incapable de se révolter autrement que par des conciliabules avortés, éclairés à la lueur fade des smartphones.
JEUNESSE : LES TOURMENTS (3 h 46), de WANG BING, en salles le 2 avril.





