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Depuis 1917, l’équipementier Latécoère fait la fierté de Toulouse où Pierre-Georges Latécoère a construit les fameux biplans sous licence Salmson, à la demande des armées. Ce fut l’épopée mythique de l’aéropostale et de ses héros Guillaumet, Mermoz et Saint- Exupéry à bord des hydravions Latécoère 28. La première traversée commerciale de l’Atlantique-sud en 1930, entre Saint-Louis et Natal, est restée dans les mémoires.
Forte de plus de 5000 salariés, l’entreprise centenaire est restée à la pointe de la technologie: câblages aéronautiques de nouvelle génération, fuselages, portes étanches pour ses prestigieux clients, Airbus, Bombardier, Boeing, Dassault, Mitsubishi… Sa dernière innovation consiste à éliminer les câbles en cuivre au profit de l’optique afin d’optimiser la connectivité en vol avec un échange de données multimédias à très haute vitesse.
Searchlight Capital Partners, fonds d’investissement américain, a flairé la bonne affaire et annonce une OPA « amicale » pour l’automne. Le fonds valorise Latécoère à 365 millions d’euros et détient déjà 26 % du capital via des titres rachetés au printemps. En passant la barre des 50 % du capital, il pourrait prendre les commandes de l’entreprise et peut-être délocaliser la production en Inde et en Bulgarie, prélude à un dépeçage industriel et technologique. Une fois l’entreprise restructurée, la revente serait assurée avec un solide bénéfice pour les actionnaires du fonds.
L’équipementier a demandé un rapport d’expert indépendant et rappelé que l’OPA reste subordonnée à l’obtention des autorisations réglementaires et administratives requises pour une telle opération. Mais, au regard des précédents chez Alstom, Technip et Lafarge, la communication d’entreprise peine à rassurer. La BPI, qui a participé à un crédit-bail de plus de 12 M€ pour installer une usine de nouvelle génération à Toulouse, l’année dernière, devrait surveiller de près l’opération.
Hadrien Desuin
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