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Laurent Obertone… sort la sulfateuse

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Publié le

13 novembre 2025

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Par une décision inique, la revue La Furia risque de disparaître. Son co-fondateur Laurent Obertone sonne l’alarme.
obertone

Pourquoi La Furia risque de disparaître ?

À cause d’une campagne menée par SOS Racisme et SOS Homophobie, mêlant plaintes, pressions, intimidations et diffamation. Ils ont d’abord ciblé nos vendeurs, puis le ministère de la Culture, et la commission qui délivre les agréments presse (la CPPAP). Chose rare sinon unique, cette dernière a aussitôt décidé – sans le moindre avertissement ou débat contradictoire – de nous retirer notre agrément, ce qui se traduit par la perte de nombreux points de vente, puisque cet agrément nous garantissait notre distribution. Sans parler des frais judiciaires, on peut l’assimiler à un verdict d’élimination économique. Sans un grand nombre de nouveaux abonnés pour y faire face, nous sommes condamnés à court terme. Alors que nous étions jusqu’ici à l’équilibre, sans financiers ni subventions.

Que vous reprochent les associations en question et qu’ont donné leurs actions en justice ?

Comme d’habitude, des contenus « jugés offensants » par la Ligue des offensés, en feignant de ne pas reconnaître le caractère satirique desdits contenus. La justice a logiquement estimé que ces plaintes ne valaient rien. Elles sont donc classées. Le problème est que des vendeurs et surtout l’État n’aient pas attendu la justice pour se plier aux injonctions des associations.

Qui est la présidente de la CPPAP et comment a-t-elle justifié la décision ?

Il s’agit de la conseillère d’État Laurence Franceschini. Elle justifie sa décision par des « contenus susceptibles de faire l’objet de poursuites » (sic), à savoir des passages « posant une question de discrimination » (re-sic), ce qui se traduirait par un « défaut d’intérêt général ». Soyons rassurés, c’est une mesure « rare », par exemple le journal communiste L’Humanité ne présente aucun défaut d’intérêt général. Tout comme le journal Libération, malgré une condamnation passée pour « provocation à la violence raciale ».

Lire aussi : Éditorial d’Arthur de Watrigant : Une semaine ordinaire à l’asile

Quelles sont ses compétences pour juger ce qui relève de la satire ou non ?

Je suppose qu’il faut avoir fait l’ENA, le Conseil d’État et être membre du comité d’éthique de France Télévisions. Il faut vraisemblablement jouir d’un haut degré de morale supérieure permettant de distinguer parmi les caricatures ce qui relève de l’intérêt général subventionné et ce qui « pose une question de discrimination ».

L’humour est donc de gauche ?

L’humour agréé, c’est manifeste ! L’irrévérence est en tout cas de droite, et ça ne plaît pas à l’appareil. Il est remarquable de voir à quel point les canaux de la « liberté d’expression » sont bien gardés. Qui sont ces gens ? Pourquoi sont-ils là ? À qui rendent-ils des comptes ? Les mystères de la République.

Qu’en pense Rachida Dati ?

On aimerait bien le savoir. Si vous avez son numéro, n’hésitez pas ! Plus sérieusement, on sait qu’elle s’est régulièrement prononcée en faveur de la liberté de la presse, mais on sait aussi que son ministère (dont dépend la CPPAP) n’a toujours pas daigné nous répondre.

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