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« L’Enfant d’intérieur », le nouvel Homo urbanus

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Publié le

24 décembre 2024

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« Alors Balthazar vit avec des écrans. Lumière artificielle. Gaming. Pour lui, le confinement ne s’est jamais arrêté. Ses parents ne sont même pas des flippés de la nature, juste des ultra-urbains qui mourraient en trois jours à la moindre coupure d’électricité. »
© Romée de Saint Céran

Scène terrible ! Le gamin vient d’arriver de Paris… courant… affolé… dans une cour d’école bretonne. Séparée en deux. Moitié goudron, moitié herbe. La pelouse a été tondue mais en ce début d’automne, ça grouillasse d’insectes. Or, le petit parigot n’en a jamais vu. Uh ! Incapable de mettre le pied là-dedans. Le lâcher dans Jurassic Park avec 500 branchiosaures à lui courir au train n’aurait pas été pire ! Il restera donc sur son goudron. Refuge. Loin de la vie et des « bêtes ».

Pour arranger le tout, le pauvre gamin était arrivé là avec son accent « quartchier ». Que désormais tous les jeunes Franciliens ont dès l’entrée à l’école. Qu’ils soient de Grigny ou de Maisons-Laffitte. Général ! En Bretagne, tout le monde s’est foutu de sa gueule ! Triste.

Devenu le plouc de la cour. Même les plus cosaques des Ukrainiens ou des Mahorais fraîchement débarqués du bateau et scolarisés dans l’école sont moins exotiques que lui. Et ses pauvres parents qui pensaient qu’ils arrivaient dans un tiers-monde provincial où leur Balthazar HPI++ allait naturellement surclasser tous les Jeannot Lapin de la pampa… Gros coup de machette dans le rêve « Petite Maison dans la prairie » !

Culture de la chambre

Car, malheureusement, Balthazar est ce qu’on appelle désormais « un enfant d’intérieur ». Né un peu avant le Covid. Élevé dans la « culture de la chambre ». Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) en parle des mouflets de la sorte dans son dernier rapport paru ce mois-ci. On y reprend la terminologie créée par des professionnels néerlandais pour qualifier les gosses inadaptés au grand air : les « enfants d’intérieur », la nouvelle espèce humaine. L’Homo urbanus. À tendance parisianus.

Corniaud parisien

Tristes gamins élevés dans les villes et qui n’ont aucun rapport avec la vraie nature. Celle où il n’y a pas 47 équipements de sécurité certifiés NF EN 1176-2 autour. Cette nouvelle néandertalerie à l’envers, n’a plus, de mémoire d’homme, rapport avec autre chose que le monde béton. Les parents de Balthazar sont nés à Paris, ses grands-parents également. Ses arrière-grands-parents idem. Véritable petit corniaud sans racine. Vacances parfois mais faut pas trop s’aventurer dans la campagne-campagne. « Et si Balthazar se faisait piquer ? » Alors on reste à Saint-Malo intra-muros. Plage, mojito chez Pedro, boutiques. Sinon, il y a Biarritz. Toujours des villes ! Ah si, une fois on a été au club Sango Fara de Djerba. Mais jamais très loin de la piscine.

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Jamais de vraie nature. Avec de la terre toute sale. Trop dangereux ! Et rempli de saloperies !

Alors Balthazar vit avec des écrans. Lumière artificielle. Gaming. Pour lui, le confinement ne s’est jamais arrêté. Ses parents ne sont même pas des flippés de la nature, juste des ultra-urbains qui mourraient en trois jours à la moindre coupure d’électricité.

Même marcher, il ne faut pas. Et puis, faut des normes partout. Partout ! Des équipements sécurisés. Environnement « care » pour Balthazar énonce la mère, représentante locale de « Big Mama ». Et le soumis déconstruit qui lui sert de père approuve. Air bien niais. « Ah oui oui ».

Préconisations

Alors pour régler le problème des gamins urbanus, le Haut Conseil préconise de « repenser la ville à hauteur d’enfant », de « développer les espaces verts urbains » (où l’on n’a pas le droit de marcher sur les pelouses ?) et de « favoriser les classes découvertes » pour des jeunes collés H24 à leur portable.

En attendant, les parents de Balthazar ont refait leurs valises et sont retournés à Paris. « Notre fils n’arrivait pas à s’intégrer ». Ont retrouvé un appart’ « avec une chambre plus grande » pour le gosse.

Aux dernières nouvelles, pour « l’habituer à l’environnement », ils lui ont acheté un cactus « qui pique pas » chez Nature et Découvertes.

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