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L’Histoire falsifiée : 1941-1945 Hitler Akbar

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Publié le

12 novembre 2024

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Maurice Dantec affirmait que si les nazis avaient « perdu la guerre », ils avaient « gagné le monde », et voyait l’islam radical comme un reflet quasi-pur de cette emprise du nazisme. Aujourd’hui, les intersectionnistes voudraient nous faire oublier cette évidence : l’islam politique est un fascisme comme les autres. Et c’est d’ailleurs ce que démontrent les liaisons entre les nazis et certains responsables islamistes lors de la Seconde Guerre mondiale.
@Romee de Saint-Ceran

Islamistes et nazis, même combat ? Pour mieux comprendre les liaisons fatales qui relient ces deux totalitarismes et qui les ont fait travailler main dans la main, il faut revenir en 1914. Les gouvernements allemands et ottomans ont pour but de détricoter les empires coloniaux français, russes et britanniques, qui leur font de l’ombre durablement. Pour ce faire, le seul moyen est d’instrumentaliser les velléités nationalistes et tribales capables de faire sécession à l’intérieur de ces empires. Ils commandent à ce titre au Cheikh al islam, la plus haute autorité religieuse du califat à Constantinople, une proclamation de djihad panislamique, incitant le « monde mahométan à une révolte sauvage » contre la « tyrannie impériale ».

C’est la première pierre d’une instrumentalisation qui trouvera son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement à partir de 1941, où l’Allemagne connaît son grand « moment musulman ». 1941 est en effet une date charnière pour les stratèges de Berlin. Ces derniers prennent conscience, suite à une série de défaites cuisantes, que le Reich doit renoncer à la plupart de ses visées à long terme, pour privilégier des objectifs plus court-termistes – et plus « rentables ». C’est à ce titre qu’elle accélère ses tractations diplomatiques avec le monde musulman, notamment pour couper court aux mouvements de l’Empire britannique dans la région, qui contrecarrent son expansion au Maghreb – décisive pour le contrôle de ses avant-postes vers l’Orient. Berlin se met à soutenir les luttes anticoloniales un peu partout, au Maghreb mais aussi en Inde, en Irak et en Palestine, et cherche à fédérer les populations locales autour d’une haine à la fois anti-bolchevik et anticolonialiste.

Liaisons dangereuses

Cette « main tendue » (sic) de l’Allemagne est une aubaine pour certains responsables religieux, qui n’attendent que ça pour réaliser leurs rêves de civilisation panislamique. Parmi eux, il faut compter sur l’imam Alimjan Idris (1887-1959), qui a exercé pendant la Première Guerre mondiale dans l’administration des camps destinés aux prisonniers de guerre musulmans et qui sert à partir de 1939 dans les services de propagande radiophonique du ministère de Goebbels, se voyant au passage commander une traduction de Mein Kampf en persan par le ministère des Affaires étrangères, ainsi que de nombreuses brochures de propagande antisémite.

Lire aussi : Déconstruire les déconstructeurs

En 1942, toujours sur l’impulsion de Goebbels, fut inauguré le Centre islamique de Berlin, destiné notamment à recevoir les nombreux responsables musulmans européens chassés par la guerre, à commencer par le mufti lituanien Jakub Szynkiewicz (1884-1966), pour qui l’ordre nouveau du Reich devait autoriser la consolidation de l’islam et son essor attendu dans les territoires musulmans d’Europe de l’Est et d’Asie centrale. Mais c’est bien sûr le Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini (1895-1974) qui sera la figure principale de ce moment musulman, après plusieurs années d’hésitation de la part d’Hitler qui nourrissait au départ de nombreux doutes sur sa légitimité dans le monde arabe. C’est le 28 novembre 1941 que le chancelier finit par accepter une entente, mais sans pour autant lui donner tout ce qu’il réclame. Hitler veut davantage le conserver près de lui, comme un satellite nécessaire capable de capter et de fédérer une partie du monde musulman. Le Grand Mufti est hébergé dans une luxueuse villa à Berlin-Zehlendorf, d’où il déploie sa propagande avec l’aide du ministère de Goebbels, évoquant un complot juif mondial qui viserait à détruire les peuples arabes, et comparant fréquemment les juifs à des « bacilles ».

En 1943, le chef du Bureau principal des S.S. Berger enrôle al-Husseini dans une campagne de recrutement en Bosnie du 30 mars au 11 avril

Le 23 décembre 1942, le ministère allemand des Affaires étrangères diffuse un de ses discours particulièrement violent dans un bulletin d’information quotidien en langue arabe à l’attention du Moyen-Orient, dans lequel il appelle les Arabes au meurtre des juifs partout où ils se trouvent, estimant que le peuple hébreu constitue « un élément subversif sur terre, enclin à fomenter des intrigues, à provoquer des guerres et à monter les nations les unes contre les autres ». C’est en 1943 que son implication dans le régime nazi prend une tournure véritablement tragique lorsqu’il s’oppose à l’évacuation d’enfants juifs en Palestine – une évacuation qui devait les soustraire à la déportation. Cette opposition aura finalement un effet nul, puisque les nazis contrecarrèrent l’évacuation indépendamment de son avis… Un semi-échec qui ne l’empêchera pas ensuite de jouer un rôle important dans l’enrôlement de populations arabes dans la Waffen SS. En 1943, le chef du Bureau principal des S.S. Berger enrôle al-Husseini dans une campagne de recrutement en Bosnie du 30 mars au 11 avril. Le 29 avril, Berger rapporte que 27 000 recrues ont signé et indique que « la visite du Grand Mufti de Jérusalem a eu un impact extraordinairement fructueux ».

Un socle idéologique commun ?

Il faut dire que l’islam trouve une résonnance particulière dans l’Allemagne nazie, quitte à ce que cette dernière concède certains ajustements sur sa théorie raciale. Pour séduire le monde musulman, le Reich commande même à ses dignitaires d’éviter le mot « antisémite » et de lui préférer le terme « antijuif », car antisémite désignerait également le peuple arabe. À Berlin, les penseurs de la théorie raciale doivent faire quelques acrobaties théoriques afin de justifier la présence des Arabes dans leur projet impérialiste. On se creuse la tête également pour ne pas froisser Ankara, à ce titre le bureau de la politique raciale du NSDAP va très tôt affirmer que la Turquie fait partie de l’Europe, exemptant les Turcs des lois de Nuremberg…

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C’est Himmler lui-même qui va le plus exprimer sa sympathie, sincère, à l’égard de l’islam. Dans sa haine du christianisme (la « religion des faibles » selon lui), il admire au contraire les valeurs virilistes et guerrières portées par le Coran, définissant l’islam comme une religion « masculine et martiale ». Il racontait également à qui voulait l’entendre que Mahomet était l’un des plus grands personnages de l’Histoire et que l’islam était une « authentique religion de soldats du peuple ».

Un autre ardent défenseur de la religion coranique au sein du Reich, c’est le responsable du bureau des affaires politiques et raciales du NSDAP, Walter Gross, pour qui l’islam et l’aryanisme seraient même fondés sur un même socle « idéologique et cosmique ». Parmi les théories délirantes qu’il développe, il estime que si les mahométans n’avaient pas été stoppés à Poitiers par Charles Martel, s’ils avaient pu disposer de l’Europe plus tôt et « illuminer l’Europe avec leur culture », ils se seraient naturellement alliés avec les Saxons pour former un empire – le peuple allemand aurait été par conséquent plus fort et plus prospère que s’il avait dû s’opposer à un Occident chrétien coercitif et castrateur… Une étonnante uchronie politique que les dignitaires nazis se répètent à l’envi pour se convaincre de l’utilité « profonde » du contingent musulman. Une théorie qui laisse songeur lorsqu’on entend aujourd’hui certaines voix défendre ce « fameux islam des Lumières » qui aurait tant profité à l’Europe…

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