À l’automne dernier, dans Que faire de la littérature ?, Édouard Louis prônait une littérature militante, soi-disant « lyrique et révolutionnaire », c’est-à-dire kitsch et enrégimentée, revenue à tous les poncifs totalitaires du xxe siècle, indifférente au style, suspicieuse à l’égard de la fiction, platement victimaire, réaliste et frontale. En ce début d’année 26, voici que Lolita Pille sort son propre essai sur la question, avec Antigone reine, qu’on pourrait presque lire, sur de nombreux points, même si tel n’était pas son but, comme une réplique à Édouard Louis. On se réjouit en tout cas que de tels débats aient lieu à une époque où la littérature, privée d’écoles, de tradition ou d’avant-gardes, ne se caractérise plus, formellement, que par des sujets plus ou moins tendances. On se rassure aussi qu’une autrice prenne la plume pour en défendre les prérogatives propres au moment où l’exploitation idéologique de la littérature devient la solution la plus facile et la plus fallacieuse pour lui donner de la consistance et une aura marketing pseudo-sulfureuse. […]
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