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Marion Maréchal organise sa Convention des droites pour débattre sur l’euthanasie

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Publié le

20 mars 2023

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Ce samedi 18 mars, Marion Maréchal organisait avec Jean-Frédéric Poisson et Laurence Trochu un colloque sur l’euthanasie. L’Incorrect s’y est rendu pour couvrir ces discussions à propos d’un sujet primordial et trop souvent délaissé.
Marion Maréchal

C’est à Auteuil, dans le chic hôtel Molitor, au bord des cours de Roland-Garros, que Marion Maréchal a décidé de réunir Jean-Frédéric Poisson, président de VIA, et Laurence Trochu, présidente du mouvement conservateur, pour organiser son colloque intitulé « convention des droites ». Même si le nom ressemble fortement à un certain évènement politique organisé en 2019 à la Palmeraie, il ne faut pas y voir un clin d’œil car le sujet est tout autre : la légalisation de l’euthanasie.

Il n’est pas anodin de voir ces trois partis, tous soutiens d’Éric Zemmour à la dernière présidentielle, évoquer ce sujet sur lequel le candidat de Reconquête! est resté assez discret, en considérant qu’il ne s’agissait pas du thème de la campagne. Il s’était tout de même positionné en se déclarant « non favorable » à l’euthanasie. Ce samedi 18 mars, la salle accueille un peu plus d’une centaine d’auditeurs malgré les trains annulés et autres mouvements sociaux.

Lire aussi : Jean-Frédéric Poisson : « Quel projet face à l’euthanasie ? »

C’est Laurence Trochu qui ouvre le bal : « Au funeste projet de l’euthanasie, nous opposons le formidable progrès des soins palliatifs : la médecine n’a jamais été aussi performante pour contrôler et soulager la douleur physique ». S’ensuit une discussion de près d’une heure entre Louis-André Richard, professeur de philosophie, le juriste Nicolas Bauer et Jean-Paul Van de Walle, avocat belge, qui illustre : « En 2002, il avait été soutenu en Belgique que l’euthanasie ne serait pas accessible aux mineurs. 12 ans plus tard, les conditions d’âge sont supprimées. En vingt ans, le nombre d’euthanasies par an est passé de 235 à près de 3.000. Cela représente en moyenne 8 euthanasies par jour ». Nicolas Bauer, lui, ne mâche pas ses mots : « L’euthanasie est contraire à trois principes majeurs : la dignité, le respect de la vie et l’interdiction de l’eugénisme. Ces fondements civilisationnels sont reconnus juridiquement et visent à protéger les personnes vulnérables ».

Après une courte pause, l’auteur de « Soins palliatifs, la vraie alternative à l’euthanasie », Jean-Frédéric Poisson, prend la parole : « Partout dans les pays où elle existe, l’euthanasie emporte avec elle de graves dérives que ses partisans n’évoquent jamais : l’élargissement aux mineurs ou l’atteinte à la liberté de conscience des soignants ».

L’euthanasie est contraire à trois principes majeurs : la dignité, le respect de la vie et l’interdiction de l’eugénisme.

Nicolas Bauer

La deuxième table ronde, animée par Agnès Marion, réunit Brieuc Le Roy, directeur d’Ehpad, Jeanne Amourous, infirmière en unité des soins palliatifs, Francis Jubert, coordonnateur d’équipes de soins palliatifs à domicile ainsi que le médecin Stéphane Pinard. De fait, la discussion est spontanée et sincère à l’image de Jeanne Amourous qui confie : « Les personnes en fin de vie ne nous demandent pas de les faire mourir. Elles nous demandent de les soulager et de les accompagner ! »

La vice-présidente de Reconquête clôt cette journée par un discours offensif sur ce sujet de société brûlant, dénonçant une « dérive inéluctable ». Elle accuse : « Notre société met tout en œuvre pour sauver une personne qui veut sauter du haut d’un pont ou se jeter sous les rails d’un train. Mais quand une personne veut mourir dans un lit d’hôpital, la même société veut tendre la piqûre mortelle ».

Lire aussi : Contre l’euthanasie et le suicide assisté

Elle termine son discours en citant le témoignage poignant de Philippe Pozzo di Borgo, tétraplégique depuis 30 ans : « Nous sommes incontinents, souffrants, paralysés ou désorientés, porteurs de handicaps ou de maladies invalidantes, victimes des séquelles d’accidents, traumatisés crâniens ou malades psychiques. Tous, nous nous sentons encore plus fragilisés par ce débat. […] Chers concitoyens qui réfléchissez à la fin de vie, avec la force de notre fragilité, nous vous le demandons pour le bien de tous. Ne poussez pas les plus fragiles et ceux qui les entourent, à la désespérance, à l’auto-exclusion, au suicide ou à l’euthanasie. Protégez-les d’une prétendue « liberté de mourir » qui les presserait de quitter notre société. Réaffirmez le droit de chacun d’être aidé à vivre, et jamais à mourir. Alors, la société que nous construisons ensemble sera plus humaine. Aidez-nous à vivre, pas à mourir ». Cette première convention pose les premières pierres.

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