Dès l’âge de 15 ans, Georges Bizet tente sa chance au Prix de Rome. Il compose, entre autres, Le Retour de Virginie (1855), une cantate où s’illustrent déjà sa veine lyrique, son goût pour la mélodie, sa palette vive et pittoresque – bien plus qu’un exercice d’étudiant. Il lui faudra attendre encore deux ans pour décrocher le prestigieux séjour à la Villa Médicis, grâce aux élans mystiques de Clovis et Clotilde, dont la prière de la soprano est un pur moment d’extase. Dans la ville papale, le jeune compositeur suit le cadre académique sans brider son élan créatif. Il fait de la contrainte un terrain fertile : en artisan des notes, Bizet transfigure l’ordinaire par la force du dévouement.
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Voilà ce qu’on ressent à l’écoute de ses œuvres « mineures » – inédites ou méconnues – enfin réunies dans un somptueux coffret du Palazzetto Bru Zane. Cinq heures de découvertes avec, outre les titres « romains », de la musique orchestrale ou pianistique, des mélodies, une étonnante ode-symphonie (Vasco de Gama, sorte d’hommage à Berlioz) et son dernier opéra achevé avant Carmen, Djamileh, à l’exotisme ensorcelant. Une œuvre en apparence protéiforme, unifiée par une ferveur lyrique inépuisable. Sans détrôner la version historique de Carmen publiée (en vidéo) par le même éditeur, le projet convainc par la solidité de l’appareil critique et l’engagement des équipes réunies devant les micros, remarquables de sensibilité et de justesse stylistique. De quoi faire revivre toute une époque – celle où l’émulation des maîtres fécondait le génie.
PORTRAIT GEORGES BIZET (Djamileh, Vasco de Gama, Le Retour de Virginie, Clovis et Clotilde), musique symphonique et chorale, musique pour piano et mélodies. Livre-disque (4 cd), Palazzetto Bru Zane, 32,99 €





