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Opération Uranus, novembre 1942 : quand l’Est bascule

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3 décembre 2024

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Sur le front de l’Est en 42, l’offensive d’été de la Wehrmacht n’a pas la même ambition qu’un an auparavant, car déjà l’Allemagne s’essouffle. Sur les trois groupes d’armée, Nord, Centre et Sud, qui se sont jetés à l’assaut de l’URSS en juin précédent, seul le dernier, renforcé par des éléments des deux autres, s’élance cette fois. Il ne vise aussi plus l’anéantissement pur et simple de l’URSS mais principalement la capture des champs de pétrole du Caucase, seul moyen de survivre dans une guerre désormais d’usure.
© Wikimedia

Le 28 juin 1942, les meilleurs éléments de la Wehrmacht foncent donc plein Sud dans les plaines ukrainiennes, c’est le début de l’opération Bleue. Malgré la longueur du front à couvrir, et ce pour atteindre le plus rapidement possible les objectifs de cette offensive déjà décisive pour la survie du Reich, le groupe d’armée sud est divisé le 9 juillet en deux sous-groupes, le A et le B. Alors que le A continue à foncer vers le Caucase vite atteint, le B doit couvrir son flanc nord en prenant cette grosse cité industrielle sur la Volga depuis laquelle l’Armée rouge pourrait lancer une contre-attaque, Stalingrad.

La prise totale de Stalingrad obsède Hitler contre toute logique stratégique

Les Allemands tentent d’abord à la fin du mois d’août d’encercler les Russes dans la campagne aux abords de la ville pour éviter les combats de rue. Mais la manœuvre échoue, et les défenseurs se replient dans la cité qu’il faudra conquérir immeuble par immeuble. Grâce à sa supériorité aérienne, l’armée allemande y parvient néanmoins pour l’essentiel fin septembre, contrôlant près de 90 % de sa surface. Mais, même si à ce moment l’objectif du groupe d’armée B est atteint, neutraliser la menace représentée par Stalingrad, l’acharnement des défenseurs constitue de plus en plus la ville en objectif symbolique, dont la prise totale obsède Hitler contre toute logique stratégique. Il y concentre des ressources précieuses qui se trouvent à la merci d’une riposte russe, alors que l’hiver approche.

Lire aussi : Waterloo, 18 juin 1815 : le jour rouge

C’est ce qui se produit avec le lancement par les Soviétiques de la fulgurante opération Uranus à partir du 19 novembre. Ayant concentré leurs meilleures troupes dans les combats urbains, les Allemands ont totalement négligé leurs ailes, qui protègent leur attaque dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de la ville. Confiées à leurs alliés roumains et italiens sous-entraînés, sous-équipés et mal commandés, elles sont enfoncées simultanément par une superbe offensive en tenaille, dont une des branches attaque par le Nord et l’autre par le Sud. La débâcle de l’Axe est totale, et les deux flèches blindées soviétiques se rejoignent derrière les lignes allemandes dès le 23 novembre, enfermant 290 000 soldats du Reich dans Stalingrad. Alors qu’une rupture par l’intérieur de l’encerclement encore fragile aurait été possible les jours suivants, Hitler écarte ce synonyme d’abandon de la ville et ordonne d’approvisionner les prisonniers par un pont aérien. Mais l’ampleur de la mission dépasse de loin les capacités de la Luftwaffe malgré les promesses de Goering. Dans le blizzard, sous un bombardement infernal, affamée, devant compter chaque munition, la fine fleur de l’armée allemande s’accroche jusqu’au deux février avant de déposer les armes. La Wehrmacht vient de perdre définitivement l’initiative à l’Est.

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