Vendredi 7 août, les Palavasiens ont marché contre la délinquance et les « incivilités ». Pourquoi avoir organisé cette manifestation ?
Notre manifestation du 7 août faisait en réalité suite à plusieurs autres manifestations que nous avions organisées. Une première manifestation d’une centaine de personnes s’était tenue il y a deux mois devant les locaux de la police municipale. Le but était d’encourager notre police, de dénoncer le manque de moyens et d’effectifs dans notre village, ainsi que la hausse des incivilités depuis le déconfinement. Ces dernières ont continué d’augmenter, nous avons donc organisé un second rassemblement, cette fois avec plus de deux cents personnes, devant la gendarmerie, avec toujours les mêmes revendications. Nous avons à cette occasion interpellé notre maire ainsi que la députée de Montpellier sur le manque inquiétant de moyens et d’effectifs. En vain.
Après cela, nous avons créé le groupe Facebook « Tout n’est pas permis à Palavas » afin de pouvoir répertorier toutes les incivilités par des photos et des vidéos, pour ensuite les faire remonter à qui de droit. Qu’on ne se laisse plus faire ni malmener de la sorte. Un troisième rassemblement a eu lieu, toujours sans résultats. Les incivilités reprenaient de plus belle : les rodéos sauvages, le protoxyde d’azote, les bagarres autour de la fête foraine, les intimidations, les agressions, les dégradations de véhicules : toutes ces choses qui nous mettent, nous Palavasiens, en danger. En voyant la situation continuer de se dégrader, nous avons donc organisé le rassemblement du 7 août, qui se voulait apolitique. Des personnes de la mairie se sont jointes à nous. Nous étions un peu plus de 350. Et cette fois-ci, il y a eu un réel impact médiatique.
Il y a eu des agressions au couteau à la fête foraine, sur le parking, et sur la plage. Certaines de ces agressions sont traitées par les journaux locaux, mais beaucoup sont passées sous silence
Depuis combien de temps la situation s’est-elle dégradée à Palavas-les-Flots ?
Cela fait six ans à peu près que chaque année un nouveau stade est franchi en matière d’incivilité. Les gens ne respectent plus rien. De plus en plus de nuisances sonores, de chichas sur la plage, de rodéos en voiture, de rixes, d’intimidations, d’agressions, etc. Les dégradations de véhicules ont pris de l’ampleur essentiellement cette année. Il y a eu des agressions au couteau à la fête foraine, sur le parking, et sur la plage. Certaines de ces agressions sont traitées par les journaux locaux, mais beaucoup sont passées sous silence. Il peut y avoir des règlements de compte dans le lot, mais ce sont des agressions gratuites pour la quasi-totalité. L’une de mes connaissances qui était chargée de la sécurité sur la plage a été poignardée pour avoir refusé de donner de l’eau à un individu.
Le vrai problème est le sous-effectif de la police municipale. Ils ne sont que cinq policiers municipaux à tourner, pour des pics de 60 à 80 000 personnes, touristes et Palavasiens compris. Le maire a affirmé qu’ils étaient vingt-cinq, on va dire qu’ils sont dix-sept en tout, mais comme il y a un roulement des équipes, en réalité ils ne sont que cinq grand maximum à patrouiller en même temps. C’est totalement insuffisant.
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Quelle a été votre réaction aux propos tenus par le maire après la manifestation : « Il faut bien que jeunesse se passe » ?
Les commentaires sur le groupe ont parlé d’eux-mêmes, cette déclaration a été rejetée en bloc. Je pense qu’il s’est trompé dans ses propos. Pour faire simple, ce n’était pas la phrase à dire, surtout pas en ce moment.
Depuis la manifestation, des mesures ont-elles été prises par la municipalité afin d’assurer de nouveau la sécurité et la tranquillité des Palavasiens ?
Des mesures, pas les bonnes, mais oui. Contre les rodéos : ils ont fermé les rues. Contre les bruits et les incivilités sur les plages : ils ont fermé les plages de 23h à 5h du matin. En ce moment, ils sont en train d’installer un dos d’âne sur une route pour que les voitures ralentissent. Plutôt que de faire de la répression, on essaye de contrer ou plutôt de dévier les nuisances, mais on n’entre pas dans le vif du sujet. On détourne simplement les problèmes. Sur 7 kilomètres de plage interdite d’accès de 23h à 5h du matin, vu le sous-effectif, je doute qu’il y ait du monde pour verbaliser les contrevenants. Cet arrêté du maire est un bon début, mais ces gens qui arrivent à quatre ou cinq dans de grosses berlines s’en fichent complètement. Ils ont visiblement beaucoup d’argent, on se doute bien que ce ne sont pas des touristes qui viennent en famille pour faire la fête.
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