[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1516376784213{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Jésuite égypto-libanais de rite melkite, le père Henri Boulad a été recteur du Collège des jésuites au Caire, professeur de théologie au Caire, directeur de Caritas-Égypte et vice-président de Caritas Internationalis pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Auteur d’une trentaine d’ouvrages dans une quinzaine de langues, il est l’un des observateurs les plus aigus des relations entre christianisme et islam.
Les problèmes de violence dans le monde viendraient-ils uniquement de l’islam ?
Bien sûr que non, on trouve de la violence dans le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme, le judaïsme, ainsi que dans les idéologies totalitaires. Mais historiquement, il semble que l’islam ait battu tous les records, parce que ses textes fondateurs incitent clairement au combat, au meurtre et à l’intolérance.
L’Occident autrefois chrétien semble fatigué d’être croyant, et il est tombé dans une tiédeur épouvantable. On peut se demander si l’islam n’a pas été permis par Dieu pour réveiller l’Occident endormi ?
Peut-être. Mais le danger pour le christianisme serait de chercher à renouer avec un passé obsolète et dé- passé. Sous prétexte de réagir contre l’islam, l’Église risque de se cramponner à des croyances et des pratiques anachroniques sans signification. Il s’agit de réinventer l’Église et d’actualiser le message de Jésus pour une société devenue adulte. Au-delà du défi de l’islam, notre époque cherche des réponses pertinentes aux grandes questions existentielles qu’elle se pose.
Dans votre pays, l’Égypte, il ne reste que 10 % de chrétiens, mais ils en sont fiers, et n’en ont pas honte. Pouvons-nous dire de même des chrétiens de France ?
Je pense qu’à part une minorité, les chrétiens de France ont plutôt honte d’affirmer leur foi. Mais la faute en revient en grande partie à l’Église officielle, qui demeure souvent cramponnée à des formules et des pratiques surannées, faute d’un effort de renouveau et de créativité. En 2007, je lançais un SOS au Pape Benoît demandant une triple réforme dans l’Église – réforme théologique et catéchétique pour repenser la foi et la reformuler de façon cohérente pour nos contemporains ; réforme pastorale pour repenser de fond en comble les structures héritées du passé ; réforme spirituelle pour revivifier la mystique et repenser les sacrements.
« Je pense qu’à part une minorité, les chrétiens de France ont plutôt honte d’affirmer leur foi » père Henri Boulad
Les musulmans adorent le Dieu de Noé, d’Abraham, de Moïse, de David et de Jésus, mais rejettent la croyance chrétienne en la Trinité et en l’incarnation divine. Ne touchons-nous pas là au fond du problème dans leurs relations ?
Certainement, mais demandons-nous d’abord ce que signifient ces dogmes pour l’ensemble des chrétiens, et en quoi ils éclairent leur vie. Trinité, Incarnation, Rédemption ne sont-ils pas pour eux des énigmes plutôt que des sources ou des phares ? Là encore, une pédagogie de la foi et un effort d’intelligibilité de ses dogmes centraux est nécessaire pour les rendre signifiants.
Dans son livre Ma Rencontre avec le Christ, Nahed Mahmoud Metwalli, musulmane convertie au christianisme, écrit : « Muhammad croit tenir sa mission de l’ange Gabriel, alors qu’il a tiré de cette vie tout ce qu’il pouvait en fait de jouissances charnelles et d’aventures guerrières, et mort empoisonnée. » Est-ce un imposteur ?
Il m’est difficile de juger de ses intentions profondes, mais ce qui est certain, c’est que Mahomet est à cent lieues d’être ce modèle que l’islam propose à ses adeptes d’imiter. En le faisant, l’islam se discrédite et encourage un retour à la barbarie la plus ignoble.
Lire aussi : Islam, christianisme, laïcité…Rémi Brague et Pierre Manent débattent
En France, la loi de 1905 séparant les Églises de l’État a donné naissance à une nouvelle religion, celle de la laïcité négative, où c’est l’homme qui se fait Dieu au lieu du Dieu qui s’est fait homme.
Oui, mais de quel Dieu et de quel homme parlons-nous ? Il faut lire à ce propos le livre de Maurice Zundel Quel Dieu, quel homme ? Une certaine conception de l’un et de l’autre explique la réaction de nos contemporains contre un Dieu pharaon qui anéantit l’homme au lieu de le promouvoir, comme a cherché à le faire Jésus. Il y a une grande part de responsabilité de la part de l’Église dans cette réaction de nos sociétés modernes contre l’écrasement systématique de l’homme.
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





