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[Portrait] Bendo : partout les dessins du Ciel

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Publié le

25 mai 2023

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Avec son récit graphique « Un carnet de tendresse » qui retrace son itinéraire spirituelle, le dessinateur Bendo rencontre un succès considérable. Portrait de l’étoile montante de la cathosphère.
Bendo

On ne fait pas des métiers faciles. Imaginez : vous proposez à votre rédacteur en chef le portrait d’un talentueux dessinateur de presse dont le parcours personnel est riche de mille péripéties et dont le récit vous garantira une bonne place pour être récipiendaire du prix Albert-Londres; vous le rencontrez pour en savoir plus sur lui ; il se livre mais à l’issue de l’entretien vous demande de garder secret ou d’évoquer avec discrétion tel ou tel épisode de sa vie, pour diverses raisons, artistiques et personnelles, plus valables les unes que les autres. Évidemment, il s’agissait des épisodes qui vous paraissaient les plus fantastiques et cocasses. Alors, contre mauvaise fortune bon cœur, parce que vous êtes bons comme du bon pain, vous acceptez, y voyant un défi à relever : faire un portrait lacunaire, impressionniste et suggestif. Allez ! Pourquoi pas après tout. Et tant pis pour le Pulitzer !

Car c’est là une des particularités les plus remarquables de Bendo que d’être catholique et dessinateur de presse

C’est un de ces grands types aimables, dégarnis et mal rasés qui, comme bon nombre de ses collègues dessinateurs, a choisi pour nom d’artiste un pseudo : « Bendo » – composé, c’est là l’astuce, des premières syllabes de ses prénom et nom. Arrivé discrètement il y a déjà cinq ans dans le paysage éditorial avec Pape François, c’est plus fort que toi (Première Partie), un ouvrage compilant des dessins humoristiques mettant en scène le successeur de Pierre, c’est lors du premier confinement de 2020 qu’il va se faire connaître en diffusant ses dessins sur les réseaux sociaux – à la fois ronds, vifs et sauvages, donnant l’impression d’être tout en même temps esquissés et ouvragés – ayant pour sujets les affres du confinement et une personne que ses collègues nous avaient jusqu’à présent habitués à voir tournée en dérision : Jésus-Christ.

Car c’est là une des particularités les plus remarquables de Bendo que d’être catholique et dessinateur de presse, d’être soucieux de rendre témoignage à la vérité, de sa relation personnelle avec le Christ (avec toutes les joies et périodes plus arides qu’elle comporte) tout en étant soucieux de son dessin, c’est-à-dire sa composition et son trait, l’équilibre entre la spontanéité et la bonne tenue. Autant de préoccupations esthétiques qui semblaient avoir désintéressé le « monde catho » dont la majeure partie de l’iconographie des cinquante dernières années pourrait volontiers être qualifiée de « mignonne, maladroite et niaise ». Pour résumer, il nous semble pouvoir dire des dessins de notre artiste qu’ils donnent l’impression d’être à la fois vifs comme le serpent et purs comme la colombe (pour paraphraser le Maître).

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La presse et les éditeurs du cénacle – tout comme les lecteurs – ne s’y sont pas trompés en faisant bon accueil à cet autodidacte puisque ses services ont depuis été requis, entre autres, par l’hebdomadaire Famille chrétienne ou plus récemment par les éditions de la Nouvelle cité qui ont publié son Carnet de tendresse, un sympathique recueil qui mêle autobiographie pudique, impressions théologiques, actions de grâce, réflexions sur le dessin et la foi. C’est en partie pour ne pas embrouiller la réception de ce livre que Bendo nous a demandé d’être évasifs sur ses années de formation.

Ce que nous pouvons néanmoins vous révéler, c’est qu’il a suivi des études d’histoire de l’art à l’École du Louvre, qu’il a eu un engagement spirituel, qu’il a travaillé dans les ressources humaines, qu’il exerce aujourd’hui les professions de doreur et d’encadreur, et qu’il partage son temps entre Paris et la région de Lisieux, où il aime se retrouver, dans sa campagne, parmi ses vaches et ses ânes. En somme, un enraciné qui contemple le Ciel.

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