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N°93

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Les articles clés du numéro N°93

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Sommaire

ÉDITO
3. Boussole

PORTRAIT
3. Bertrand de Beaugrenier : De la pierre et du sens
5. Cyril Pingant : Le gastro influenceur

ACTU
10. La cage aux phobes
12. Jean-Baptiste Leon… sort la sulfateuse
13. Dernières nouvelles d’Orient

ENTRETIEN
14. Le coup d’État des juges par Jean-Éric Schoettl

REPORTAGE
24. Entre deux mers

IDÉES
32. Aux sources du catholicisme social
36. Maxence Carsana : les relations hommes-femmes sur le divan
38. Cyberpunk : autohypnose et vérités partagées

CULTURE
40. 2026 : réaction créatrice
42. Olivier Marchal sans filtre
58. Nicolas Chemla : « La littérature est un sortilège permanent. »
62. Jean Berthier : viser les angles morts
68. Sam Sauvage incarne-t-il le renouveau de la chanson française ?
70. Justina Jaruševiciute : Berliner Nacht

LA FABRIQUE DU FABO
74. Les remplages sont-ils de droite ?
75. Miles Davis et le Black Ivy
76. Saucisse de Morteau : 20 centimètres de bonheur
80. Dans les couloirs du temps : la Haute époque
81. Saint Jean Chrysostome
82. Carte noire pour Bertrand Lacarelle

Extrait de l’édito

BOUSSOLE

La fin d’année fut mouvementée. Ce qu’on appelle désormais l’affaire Legrand/Cohen n’a pas dit son dernier mot. Mais on peut être certain d’une chose, c’est qu’il y aura un avant et un après. La peur s’est inversée et l’hégémonie de la gauche culturelle s’est sérieusement effritée. Elle ne s’en remettra pas. Un exemple parmi d’autres : notre brillante consoeur du Figaro Eugénie Bastié sur son compte X révéla que Slash, la plateforme de France Télévision destinée à la jeunesse, eut l’idée étonnante de faire la promo¬tion d’une certaine « Madame Vanessa ».

Pourquoi donc ? Parce que cette Madame Vanessa déclare gagner entre « 20 et 30 000 euros par mois » en postant des photos d’elle sur la plateforme érotico-pornographique OnlyFans. Traduction : elle fait le tapin sur internet. Branle-bas de combat dans le bunker de l’audiovisuel public, on supprime, on passe des coups de fil, on se contorsionne comme un acrobate chinois pour plaider l’erreur ; bref, on fait marche arrière en 6e vitesse. Il y a quelques mois encore, l’accusation de coincé du caleçon tendance réactionnaire aurait été leur seule réponse.

Alors tous ne se montrent pas aussi lucides. Patrick Cohen et Thomas Legrand ont préféré suivre les conseils de Napoléon : la meilleure défense, c’est l’attaque. Auditionnés par une commission d’enquête parlementaire, les Bouvard et Pécuchet de la stratégie ont offert leurs plus beaux visages : hautains, prétentieux et bougrement nuls. Les pauvres. Nous voici donc accusés de barbouzeries et de falsifications. Quelle triste fin pour le camp de la raison que de finir dans les poubelles du complotisme le plus bas de gamme. Les vidéos ? Elles ne montrent pas ce que tout le monde a vu. Le constat d’huissier ? Il ne dit pas ce que ce dernier a écrit. Même un platiste se montrerait plus persuasif. Et le tout sous serment devant les représentants de la nation. Une séquence à front renversé assez étrange qui vit le pouvoir (le politique) demander des comptes au contre-pouvoir (des journalistes). Espérons que chacun retombe vite à sa place, et les vaches qui ne seront pas euthanasiées seront bien gardées.

Malheureusement des nobliaux qui s’imaginent rois, il y en quelques autres. Notamment en robe rouge. L’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen dans quelques jours et sa probable éjection de la course à la présidentielle va amocher un peu plus ce qu’il reste de la démocratie. « Tous les juges ne sont évidemment pas des Torquemada, mais une pulsion purificatrice parcourt les Palais de justice », nous explique dans un long entretien Jean-Éric Schoettl, l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel. Encore un qui va se faire des copains.

Néanmoins, et ça pique un tantinet de le reconnaître, la situation est bien plus favorable aujourd’hui qu’hier. Les peuples grondent et le Mordor vacille. Mais gare à l’enthousiasme. Dans des moments de bascule, les pulsions de vengeance nous mordillent le cœur. Une bataille culturelle n’est pas une guerre, l’adversaire n’est pas un ennemi, même avec son passif de salaud, même s’il est communiste. Ce serait sacrément con de virer gauchiste le jour de leur départ.

« La recherche de la vérité », voici la boussole qui a façonné l’Occident et voilà pourquoi sont payés les journalistes. Le Figaro qui fête son deux-centième anniversaire le sait mieux que quiconque. S’il compte dans ses pages des plumes comme Vincent Trémolet de Villers, Michel de Jaeghere, Alexandre Devecchio, Jean Sévilla et bien-sûr Eugénie Bastié citée plus haut, ce n’est pas pour rien.

Oui, cette boussole à un prix. Mais le jour où il faudra passer à la compta, nous serons seuls, seuls face à notre bilan. Alors il ne faudra pas avoir honte.

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