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Saint José María Escrivá de Balaguer

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Publié le

31 décembre 2025

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Peut-on devenir saint en faisant seulement son travail ? C’est ce que semblait penser Mgr José María Escrivá de Balaguer, prêtre au cœur de feu et fondateur de l’Opus Dei.
© Romée de Saint Céran

Peut-on devenir saint en faisant seulement son travail ? C’est ce que semblait penser Mgr José María Escrivá de Balaguer, prêtre au cœur de feu et fondateur de l’Opus Dei. Au passage, et contrairement à ce qu’a complaisamment raconté Dan Brown, cette organisation n’emploie pas de moines albinos masochistes pour traquer les découvreurs du Saint Graal.

Né en 1902 dans une famille espagnole profondément et véritablement catholique, José María perd trois de ses jeunes sœurs entre ses huit et ses onze ans. La famille continue malgré tout à vivre dans l’espérance et une joie rayonnante. Alors qu’il est adolescent, le jeune homme voit, un matin d’hiver, la trace des pieds nus d’un frère carme dans la neige. Cette simple vision le pousse à se demander ce que lui, concrètement, fait pour le Bon Dieu. C’est le début de sa vocation sacerdotale.

Avec la bénédiction de son père, un homme bon et pieux, il entre au séminaire, puis est ordonné en 1925, un an après la mort de celui-ci. Élève doué, intellectuellement au-dessus du lot, José María Escrivá se pose évidemment la question du sens de son sacerdoce : qu’est-ce que le Seigneur a prévu pour lui ? En parallèle de ses premières années de jeune prêtre, il soutient une thèse de doctorat en droit. Mais il a besoin de plus : de l’engagement, du concret. Il écrit des notes, en vrac, sur divers aspects de ce qu’il voudrait donner à l’Église universelle. Et puis, le 2 octobre 1928, au cours d’une retraite, il a la révélation de ce que doit être son œuvre, l’œuvre de sa vie – l’œuvre de Dieu. En latin : Opus Dei.

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Il dira en une phrase en quoi consiste son projet : « Cette vie courante, ordinaire, sans éclat, peut être un moyen de sainteté. » C’est la sanctification du travail ordinaire. Rapidement, son idée prend de l’ampleur. Les prêtres le rejoignent. Des étudiants brillants sont ordonnés. Et, dans le contexte de la guerre civile espagnole, qui oppose franquistes et gauchistes, la foi est l’un des enjeux importants de la future Espagne.

Après la victoire de Franco, José María Escrivá commence une ascension fulgurante, non pas tant politique que spirituelle. Le Vatican approuve la création de cette « pieuse union » en 1943, tandis que l’Espagne est sous cloche au milieu de la guerre totale. Le père Escrivá se rend à Rome en 1946, avec ses plus proches conseillers de l’œuvre. Il y restera jusqu’à sa mort, à l’exception de quelques voyages en Espagne.

Malgré les intrigues romaines, malgré les diverses maladies qui le frapperont durement, il poursuit son œuvre exigeante, avec des livres pleins de vérité et de fraternité, et une participation enthousiaste mais discrète au concile Vatican II, dont il espère beaucoup. Il sera terriblement déçu par la façon dont les clercs interprètent la liberté personnelle, la pastorale des laïcs et tant d’autres choses.

Mort en 1974, canonisé peu de temps après, Saint José María Escrivá est un signe de contradiction dans le monde. Certains le voient comme un facho, un misogyne, un franquiste acharné. D’autres, comme celui qui nous a rappelé qu’il suffisait d’être soi, au service de Dieu, pour aller au Ciel.

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