Skip to content

Sainte Adélaïde de Bourgogne

Par

Publié le

16 décembre 2019

Partage

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1576055883044{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Adélaïde (Orbe 931- Seltz 999), reine d’Italie, de Germanie et impératrice du Saint Empire romain germanique, fêtée le 12 ou le 16 décembre selon les rites, a eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être sainte.

 

 

Fille de Rodolphe II de Bourgogne et Berthe de Souabe, coule dans les veines d’Adélaïde le sang illustre des Welfs et des Wettin. Elle ne profite pas longtemps du bonheur familial puisque son père clamse alors qu’elle n’a que six ans. Sa pieuse et douce maman, exilée à Colombier par le salopard Hugues d’Arles, est contrainte d’épouser ce dernier qui fait main basse sur son trône. Non content de tromper son énième épouse, Hugues, un ogre en vérité, va jusqu’à violer Adélaïde, 15 ans, avant de l’obliger à épouser son fils Lothaire II d’Italie en 937. Game of thrones n’a qu’à bien se tenir.

En termes de vie de merde, Adélaïde est franchement pas mal.

Adélaïde, meurtrie au plus profond de sa chair et de son cœur, garde une âme pure et se satisfait de ce mariage avec Lothaire, un type bien qui lui donne une fille nommée Emma. Comme Lothaire est un type bien, il est dézingué, sinon ce n’est pas drôle. Il est empoisonné par Béranger II qui usurpe le trône d’Italie. Âgée de 19 ans, Adélaïde est veuve avec un enfant sur les bras, emprisonnée par le meurtrier de son époux dans une forteresse moisie. En termes de vie de merde, Adélaïde est franchement pas mal.

Otton défonce la gueule de Béranger, sauve Adélaïde, s’empare du trône et crée ainsi le Saint-Empire !

Comme le Moyen-Âge a la particularité de forger des femmes plus fortes que les baltringues de notre temps, Adélaïde refuse d’épouser le fils de Béranger l’enfoiré et s’enfuit avec Emma à Canossa, aidée par l’évêque Amblard, où elle soutient héroïquement le siège que lui fait l’usurpateur. Elle en appelle à Otton I, roi de Germanie qui, appâté par les terres italiennes et ayant ouï parler de la grande vertu de la dame, s’en vient la délivrer comme dans un beau roman de chevalerie. Otton défonce la gueule de Béranger, sauve Adélaïde, s’empare du trône et crée ainsi le Saint-Empire ! Subjugué par la beauté de la jeune veuve, Otton, veuf également, fait une cour assidue à laquelle Adélaïde succombe en 951 sur les conseils du pape Agapet II.

 

Lire aussi : Saint Glinglin

 

Enfin heureuse avec Otton, ils ont quatre enfants et reçoivent la couronne impériale des mains de Jean XII en 962. Menant de front une intense vie politique pour consolider l’Empire et l’éducation de ses enfants, Adélaïde est admirée par tous pour la charité dont elle fait montre envers les pauvres. Austère, ascète même, Adélaïde emploie tous ses biens à promouvoir la foi et appuie la réforme clunisienne en fondant des monastères dont celui de saint Martin de Tours et de Seltz. Elle se lie d’amitié avec Gerbert d’Aurillac.

Ayant vu mourir tous ses fils, Adélaïde assiste à la mort de Théophania en 991 et devient seule régente jusqu’en 995 quand elle parvient à faire couronner son petit-fils.

La mort d’Otton en 973 marque la fin de cette parenthèse idyllique. Son fils Otton II monte sur le trône et s’empresse d’exiler sa chère maman. « Car les lèvres de l’étrangère distillent le miel et plus onctueux que l’huile est son palais ; mais à la fin elle est amère comme l’absinthe », c’est ce qu’est Théophania, épouse d’Otton, venue de Byzance. Parfois considérée comme une biatche ; peut-être parce que trop intelligente, fine tacticienne, trop bien sapée, ou juste étrangère ; Théophania fait envoyer sa belle-mère au fin fond de la Suisse. Pendant dix ans, Adélaïde se consacre à Dieu et aux pauvres. Sans rancœur, elle rentre à la cour en 983 sur un appel à l’aide de Théophania, gravement dans la merde après la mort d’Otton. Il faut garder le trône pour Otton III, à peine plus qu’un bébé et assurer la régence face à tous ces mâles guerriers aux lames acérées. Ayant vu mourir tous ses fils, Adélaïde assiste à la mort de Théophania en 991 et devient seule régente jusqu’en 995 quand elle parvient à faire couronner son petit-fils.

C’est lors d’une visite à Seltz, le 16 décembre 999, après s’être défaite de ses biens au profit de l’Église et avoir enterré sa dernière fille, qu’elle rend son âme à Dieu.

Elle se retire définitivement dans ses monastères d’où elle se paie le luxe de réconcilier les souverains de sa parenté et de faire asseoir sur le trône de saint Pierre son pote Gerbert. C’est lors d’une visite à Seltz, le 16 décembre 999, après s’être défaite de ses biens au profit de l’Église et avoir enterré sa dernière fille, qu’elle rend son âme à Dieu.

 

Canonisée en 1097 par Urbain II, élevée au rang des dames du temps jadis par Villon sous le nom d’Alix, Adélaïde est la patronne des impératrices, des familles nombreuses, des remariages, des exilés et des prisonniers. Elle intercède aussi dans les conflits familiaux. Que de boulot !

 

 

Élodie Pérolini

 

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest