Sam Raimi est peut-être l’un des rares réalisateurs stars des années 80 à avoir gardé la tête froide et une relative indépendance dans ses projets et sa façon de travailler. Expérimentateur de génie, connu pour sa trilogie culte Evil Dead qui revisitait l’horreur viscérale à la sauce Chuck Jones, frère d’armes des frères Coen avec qui il partage un goût immodéré pour les focales longues et l’humour « slapstick » (bouffon), il s’était tiré avec tous les honneurs du passage aux blockbusters, signant avec sa trilogie Spiderman une épopée à la fois spectaculaire et furieusement personnelle. À l’inverse d’un Tim Burton qui s’auto-caricature jusqu’à la nausée, Sam Raimi semble soucieux de ne pas avoir créé une marque, tout en préservant son insolence et quelques gimmicks réjouissants : preuve en est ce petit film brutal, superbement raconté et filmé, qui tresse autour d’un sujet rebattu – un homme et une femme que tout sépare doivent survivre sur une île déserte – une satire cruelle du monde du travail et du libéralisme. […]
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