Malgré les récentes défections de cadres partis chez Éric Zemmour, une bonne ambiance régnait dans les travées du parc des expositions de Reims samedi 5 février à l’occasion de la convention présidentielle de Marine Le Pen. Sa baisse dans les sondages ne semble nullement avoir entamé le moral de la candidate, sachant bien que cette année le ticket pour le second tour de l’élection présidentielle se situera à un étage plus bas que la dernière fois.
« J’entends être la présidente des solutions concrètes », expliquait-elle aux journalistes le matin, entourée de son état-major : le député au parlement européen Jordan Bardella, désormais président du RN, Louis Aliot, maire de Perpignan, l’ancien magistrat sarkozyste Jean-Paul Garraud… Elle se félicitait même d’avoir amené son « concurrent » Éric Zemmour sur le terrain du pouvoir d’achat, considérant au fond que son « seul adversaire c’est Emmanuel Macron ». Elle débutera d’ailleurs son discours du soir par un sévère jugement sur le bilan du quinquennat : « Le macronisme est une machine à broyer les espoirs sous couvert de progressisme ».
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Elle a annoncé vouloir rendre en moyenne 200 euros de pouvoir d’achat mensuel à chaque ménage français, notamment grâce à la lutte contre la fraude fiscale et sociale qui se verra dédier un ministère. Elle souhaite également la suppression de l’impôt sur le revenu des moins de 30 ans, une aide aux entreprises centrée sur les PME et TPE. Elle a également beaucoup insisté sur l’aide aux familles monoparentales, particulièrement sujettes à la pauvreté et aux difficultés du quotidien. Bien entendu, les aides sociales extérieures aux prestations faisant l’objet de cotisations des salariés seront réservées aux seuls détenteurs de la nationalité française.
À la question de savoir ce qui la distinguait du programme de la révélation médiatique et politique à gauche de cette élection présidentielle, le candidat communiste Fabien Roussel, elle avait d’ailleurs expliqué lors de sa conférence de presse du matin que c’était l’immigration, réitérant sa volonté de limiter drastiquement celle-ci, d’expulser les immigrés clandestins et de durcir les conditions de naturalisation.
« Notre discours n’est pas de sauver la droite, mais bien de sauver la France »
Marine Le Pen
On notera aussi la volonté de la candidate de mettre en avant les gaullistes qui l’ont rejointe ces dernières années, de l’ancien conseiller de Charles Pasqua Hervé Fabre-Aubrespy, désormais conseiller régional de la région Sud à l’ancien ministre Thierry Mariani en passant par Franck Allisio, ancien cadres des jeunes UMP ou Jean-Philippe Tanguy qui fut le bras droit de Nicolas Dupont-Aignan. Néanmoins, Jordan Bardella réaffirmant dans son discours que « notre discours n’est pas de sauver la droite, mais bien de sauver la France », place fut aussi faite à Andréa Kotarac, transfuge de La France Insoumise et désormais conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.
Sans surprise, avec cette tonalité sociale auquel le public fut visiblement réceptif, Marine Le Pen s’inscrit dans une veine oubliée par la droite française ces cinq dernières décennies, celle du catholicisme social, en parti reprise à son compte par le général de Gaulle.





