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Témoignage exclusif : Lætitia ex-agent du PIR, au nom de la race

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Publié le

11 mai 2018

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Papier IR © Capture d'écran YouTube

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Eté 2003, un après les évènements du second tour de l’élection présidentielle, marqué par la présence surprise de Jean-Marie Le Pen, la Mafia K’1 Fry tournait en boucle sur M6 avec le clip de la chanson Pour Ceux, premier véritable tube pensé par et pour les quartiers de l’immigration. All star des rappeurs du Val-de-Marne, la Mafia K’1 Fry faisait office de porte-voix des minorités, notamment maghrébines et africaines. Au cours d’un échange public avec Jean Hippolyte, Julien Freund avait répliqué à ce dernier : « Vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi (…). Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes ». Il n’est qu’à relire les couplets de « Pour ceux » pour comprendre que l’univers occidental avait été désigné comme l’ennemi d’une jeunesse se vivant à la marge de la majorité du peuple français, exclue, car descendante de peuples colonisés par des troupes venues de l’hexagone. Deux ans plus tard, les « quartiers » s’embrasaient suite aux morts de Zyed et Bouna lors d’une poursuite avec la police à Clichy-sous-Bois. De ces évènements naquirent des vocations, dont celle de Laetitia que nous avons interrogée (et non, ce n’est pas Kenny Arkana sous pseudo). Laetitia fut longtemps proche des idées du Parti des Indigènes de la République, et a bien connu la plupart des personnalités de la nébuleuse « décolonialiste ». Elle a accepté de témoigner dans nos colonnes, pour dénoncer un courant dont elle s’est progressivement détachée avec le temps. Rétrospective sur cette France de l’immigration passée de l’ombre à la lumière médiatique.

 

Qu’est-ce qui vous a amenée à vous rapprocher du Parti des Indigènes de la République, et de la mouvance « décolonialiste » ?

 

J’ai trente-cinq ans, je suis née à Paris. J’ai bossé dans le milieu du rap, dans le monde de la nuit. Vers 2005, juste après les émeutes de banlieues, j’ai commencé à traîner avec des gens qui venaient de ces quartiers-là. Je suis passé des studios au ghetto, via le hip-hop. C’est comme ça que le lien s’est fait : c’était un petit monde. À cette époque, je n’étais pas militante, je votais une fois sur deux, ça m’emmerdait, mais j’étais quand même de gauche et sensible au discours altermondialiste. Le Parti des Indigènes de la République fonctionnait avec des gens comme moi, car ce mouvement était clairement imprégné par l’idéologie tiers-mondiste. Le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2007, j’étais à Clichy-sous-Bois avec des gens de différentes associations comme AC le Feu, et peut-être, des gens du BondyBlog : c’est là qu’on m’a parlé pour la première fois du PIR. Quelque temps plus tard, j’ai vu Houria Bouteldja à la télévision chez Frédéric Taddei: elle était très assurée et ses idées très proches des miennes, très adolescentes : tiers-mondisme et détestation des élites. J’étais un peu comme elle, une petite donneuse de leçons convaincue d’avoir toujours raison. . À l’époque, les médias ne savaient pas comment appréhender le phénomène. Elle pouvait balancer que le Hezzbollah n’était pas une organisation terroriste sans aucun problème, personne ne bronchait. Toutes celles qui ont suivi, les Assbague et Diallo, ne sont que des versions édulcorées. L’approche d’Houria était et reste purement ethnoracialiste.

 

Quelles sont les véritables idées du Parti des Indigènes de la République ?

 

Houria donne l’impression d’avoir un logiciel d’extrême gauche, mais elle est internationaliste uniquement pour les pays occidentaux. Quand il s’agit de l’Algérie, elle est à cent pour cent nationaliste. Cela se retrouve dans toute la pensée indigéniste ! Le PIR n’est que la déclinaison banlieusarde d’idées qui existaient déjà dans les années 70, en témoigne la tribune d’Edwy Plenel sur Septembre noir. C’est un petit mouvement au sein d’une nébuleuse bien plus vaste. D’ailleurs, aujourd’hui, plus personne ne s’en revendique : ça craint trop. On trouve pas mal de sociologues, des gens comme Nacira Guenif ou Eric Fassin… Nacira Guenif s’est fait connaître après le lancement de Ni Putes Ni Soumises, dont il faut bien se rappeler qu’il a été créé en réaction à deux histoires monstrueuses, lesquelles auraient dû faire office d’alarme sur la situation dans les quartiers ! Nacira était alors une figure de proue, et elle a complètement retourné la situation, ce qui m’a profondément marquée : pour elle, le traitement de ces horribles faits divers trahissait la vision néocoloniale que les Blancs avaient des hommes maghrébins, pour mieux les stigmatiser.

Le PIR n’est que la déclinaison banlieusarde d’idées qui existaient déjà dans les années 70, en témoigne la tribune d’Edwy Plenel sur Septembre noir

 Et le pire, c’est que ça a très bien marché ! Ils ont endormi tout le monde pendant quinze ans ! Nacira Guenif incarne bien ce moment où on commence à théoriser qu’après tout, des viols ou des agressions dans la communauté maghrébine, ce n’est pas très grave, parce que tous les jours des blanches se font violer sans qu’on pointe du doigt les hommes blancs. Si vous voulez, le dénominateur commun de ces gens, même s’ils ne sont pas d’accord sur tout, c’est la décolonisation. Leur grille de lecture est simple et efficace : l’Occident est responsable de tout. Il faut défendre les opprimés. Mais, attention, pas tous. Ils parlent plus des Palestiniens ou des Rohingyas que des Yéménites. Dans ce salmigondis, mélangeant l’intersectionnalisme, les luttes post coloniales, l’islam ou le pan africanisme, on trouve toujours ce fonds victimaire, cette empathie uniquement dirigé vers les pays du Sud qui seraient soumis à la domination systémique des pays du Nord.

 

Lire aussi Rokhaya Diallo : To name and to shame

 

Alors que la majorité des organisations antiracistes refuse toujours de s’occuper du « racisme anti-blanc », ou même d’admettre son existence, estimez-vous que le phénomène soit une réalité ?

 

Le racisme anti blanc n’est pas un mythe. Cela va même très loin, c’est une réalité théorisée, y compris par une personne comme Rokhaya Diallo. Ces gens-là sont les plus « racialistes » que j’aie pu rencontrer de toute mon existence. Leurs thèses se rapprochent, selon moi, de celles qui avaient cours au XIXe siècle. Pour pouvoir prétendre au statut d’« afro-descendant », par exemple, il faut avoir un certain pourcentage d’ancêtres africains. Houria a été à Berkeley, tout vient de là-bas. C’est dans cette université que ces concepts ont été forgés. Je pourrais vous citer le « colorisme » auquel fait référence Rokhaya Diallo, qui en est une version édulcorée, selon laquelle les noirs plus clairs sont moins discriminés que les noirs foncés. Vous avez aussi le concept de la « misogynoir », soit le mélange de misogynie et de racisme que subiraient les femmes noires. L’idée générale est que les Blancs incarnent le pouvoir et qu’il faut le leur prendre. Les Blancs majoritaires, du fait d’être majoritaires, y compris dans les instances de pouvoir, sont donc des dominants et tous les autres sont donc des dominés. Mais ça va parfois plus loin. Houria a par exemple affirmé qu’il fallait abattre l’impérialisme gay, comme Kadyrov. Pour elle, l’homosexualité n’existerait pas au Maghreb.

 

Quels sont les liens entre ces organisations ? Arrivent-elles à se rapprocher réellement de puissances étrangères ?

 

Ces liens sont nombreux et réels : Marwann Muhammad (Collectif Contre l’Islamophobie en France) avait une volonté de faire converger les luttes. Il y a ainsi eu une ou deux conférences avec Houria. Marwann se rend régulièrement au Royaume-Uni, il parle avec les médias anglo-saxons, friands de french bashing. Lors de la polémique du burkini, ils sont tous passés dans le Guardian : Diallo, les gens de Lallab, ceux du CCIF… C’était de la pure folie ! Le financement du CCIF est très obscur. La rumeur voudrait qu’une partie de l’argent provienne du business du halal, mais je ne pourrais pas du tout vous dire si cela est exact. En tout cas, il y a de l’argent étranger dans les caisses. À un moment donné, il est certain que George Soros a mis la main au portefeuille. Il aurait aussi donné au Bondy Blog. Nabil Enassri, président du Collectif des Musulmans de France, a touché des fonds qataris, semble-t-il. Il a déjà collaboré avec Pascal Boniface qui est une des nombreuses pierres angulaires de ce petit monde islamiste « présentable ». Quelqu’un comme Hanane Karini, « féministe musulmane », a écrit pour un « centre de recherche islamique » lié à une faculté au Qatar créée par… Tariq Ramadan.

 

Lors de la polémique du burkini, ils sont tous passés dans le Guardian : Diallo, les gens de Lallab, ceux du CCIF… C’était de la pure folie !

 

Il se dit que Danielle Obono, et d’autres membres de La France Insoumise, cultiveraient des amitiés particulières dans les cercles « décolonialistes »…

 

Autour de Danielle Obono et de Farida Amrani (candidate malheureuse des dernières élections législatives d’Évry face à Manuel Valls), il y a des gens comme Jimmy Parat qui entretiennent une proximité avec le Parti Français et Musulman, totalement islamiste. Avant les élections présidentielles, elle a aussi participé à une émission de la chaîne YouTube « Parole d’Honneur », où le candidat Mélenchon était évalué : est-il assez décolonialiste ? Est-il vraiment notre ami ? Houria est toujours dans le public de cette émission, même si elle n’intervient que peu. Il n’y a aucun pluralisme dans leurs raouts. À mon avis, il manque une vraie cartographie de ces milieux, qui retracerait toutes leurs connexions, car ça pourrait remonter très loin. Mais il ne faut pas tout confondre. Dernièrement, on a beaucoup parlé de Yassine Bellatar après sa nomination au Conseil présidentiel des Villes. Il n’est pas comme eux : c’est juste un type communautariste avec des réflexes archaïques.

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