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The Hives : toujours pas morts

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Publié le

22 septembre 2025

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Depuis 1993, The Hives font vibrer les foules avec leur garage punk revisité. Tandis que la plupart de leurs concurrents sont bons pour l’EHPAD, les Suédois prouvent, dernier disque à l’appui, que leur règne n’est toujours pas près de s’éteindre.
© Facebook

Encore eux ? Depuis leur retour (après onze années d’absence) avec le déjà très bon The Death Of Randy Fitzsimmons (sorti en 2023), les Hives ont retrouvé leur souffle. Mieux, il semblerait qu’ils nous offrent, coup sur coup, parmi les meilleurs disques de leur carrière. Pour tout dire, le groupe suédois n’a jamais fait dans le médiocre. C’est bien rare. Leur énergie, souvent aux confins de l’euphorie, ne s’est pas perdue. Ni même tarie. Tout le monde ne peut pas en dire autant. À l’heure où Julian Casablancas annonce que ses Strokes ne sont qu’un moyen pour lui et ses compères de se faire du pognon ; où Franz Ferdinand, malgré un changement de line-up, ne parvient pas à faire mieux que du tiède ; que les Libertines semblent de sympathiques retraités – j’en passe et des moins bons ; pendant ce temps, donc, The Hives, eux, continuent non d’être géniaux (ils ne l’ont sans doute jamais été) mais d’être eux-mêmes. C’est-à-dire, une gifle, un shot, un coup de pied dans la sale gueule du rock. De leur génération, ils sont peut-être les derniers à avoir préservé leur feu sacré. Du moins à ce point.

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Concert fatal

En 2004, je l’ai dit mille fois, je les découvre au Zénith de Paris. C’est mon premier concert. Tyranosaurus Hives vient de sortir. Sur la photo souvenir, après le show, je suis trempé, ravi, bouleversé. Autour de mon cou, une saloperie d’écharpe de l’Olympique de Marseille. Ce soir-là, le football qui comptait tant pour moi, qui était la reine de mes passions, a chuté de son trône. Désormais, rien ne vaudrait mieux que cette sensation de satisfaction, de liberté, de folie. Il ne me restait plus qu’à déchirer ma licence et à acheter une guitare : ce que j’ai fait. Certains leur en veulent peut-être encore d’avoir foutu ma vie en l’air. De mon côté, j’ignore ce qui aurait pu advenir d’autre que ce foutoir. Fidèle à mes attractions, à mes fétiches, à mes goûts, j’ai toujours gardé un œil sur les Hives. Et j’ai bien fait.

Comment ne pas applaudir ?

« Après trente ans de carrière, nous sommes au sommet de nos pouvoirs », disait il y a peu Pelle Almqvist, le charismatique chanteur du groupe. Sans être complètement faux, avouons que le niveau qu’ils avaient pendant les cinq ou six années de leurs débuts ne pourra sans doute jamais être retrouvé. Toutefois, avec ce nouvel album intitulé The Hives Forever Forever The Hives, le talent de composition, de dynamisme, de maîtrise et de fraîcheur est conservé à un haut niveau. Une chanson comme « Paint A Picture » fait un bien fou (les guitares qui se répondent de façon jouissive, la rupture rythmique du refrain…). Plus puissant encore, « Enough Is Enough » fera évidemment un carton dans leurs concerts toujours aussi démentiels. Il faudra être bien difficile, bien pisse-froid, pour ne pas féliciter, applaudir et s’enthousiasmer pour cette nouvelle sortie qui pourra sembler anecdotique à ceux qui regardent vers l’avenir du rock, comme d’autres au progrès du genre humain. Mais les Hives n’ont sans doute rien à faire des révolutions, et ce n’est pas moi qui leur en voudrais.

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